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Le "VIME de MIMI"... ?

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Le VIME DE MIMI : le Vivre Mieux Et De Mieux en Mieux 

2046 : Patrick Hernandez vient d’avoir 85 ans. Il y a longtemps qu’il a quitté la Confédération Unifiée des Travailleurs, la CUT. Désormais, il cultive son potager – pour se remettre des dures luttes auxquelles il a participé, disait-il – et il profite de la chaleur de la vie de famille aux côtés de son épouse, Christine.

Alors, quand Gabriel, son jeune voisin de 20 ans, vient le voir pour qu’il le conseille pour la création d’une entreprise, Il est bien embêté. Il n’est plus informé du cadre réglementaire et légal qui est en vigueur. Il a juste envie de lui faire partager son point de vue sur le respect des travailleurs, sur le partage de la richesse, sur…

Il commence juste son discours que Gabriel l’interrompt, un peu agacé. Déjà, ce dernier n’avait pas envie de demander conseil à un ancien de la CUT, c’est son père qui lui a un peu forcé la main. Mais, en plus, le vieux n’a pas l’air de savoir de quoi il parle. 

— Vous ne me demandez pas la raison d’être de mon entreprise ? Vous me parlez de salariés, de richesse… Mais, une entreprise ne sert pas uniquement à faire du fric. C’est fini, tout ça !
— Comment ça, c’est fini ?

Patrick n’a plus sa grosse voix du temps de son activité. Elle chevrote un peu. Mais qui est donc ce jeune qui vient chercher des conseils, mais qui, finalement, voudrait me donner des leçons ? Patrick continue.

— Une entreprise, c’est peut-être pas une construction qui permet aux patrons de s’en foutre plein les poches et qui oblige les salariés à suer pour un salaire de misère ?

La discussion tourne doucement au dialogue de sourds. Gabriel regarde son interlocuteur moustachu avec un mélange d’incompréhension et de tendresse. Non, il ne doit pas être au courant que ça a changé.

— Ben, non, Patrick. Une entreprise, ce n’est plus ça du tout. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a plus de syndicats. Les organisations syndicales, c’est terminé !

Et, tout en se disant que le jardinage ne conserve pas trop les neurones, Gabriel explique que depuis la loi PACTE et les suivantes, une entreprise doit avoir un projet sociétal pour être immatriculée. Au début, on ne parlait que de raison d’être. Maintenant, c’est un vrai projet qui doit voir le jour. 

Gabriel essaie d’être didactique envers son aîné.

— Vous vous souvenez qu’au début du XXème siècle, on a séparé les pouvoirs de l’Église et de l’État ? Ben, là, c’est tout pareil, mais à l’envers. On a réuni les intérêts des entreprises et ceux de la Société. Pour que le travail amène une plus-value à tous et pas qu’à ses salariés.

Patrick fronce les sourcils. C’est vrai qu’il s’est vraiment éloigné de sa vie d’avant et ne s’est pas tenu informé de ces changements. Mais, oui, maintenant que le petit le lui rappelle, cette loi PACTE lui dit bien quelque chose. Et, sentant que le vent tournait pour les syndicats, c’est un peu après 2020 qu’il a choisi de quitter ses fonctions.

Christine, qui s’était tenue à l’écart, se penche vers lui.

— Mais si, Patrick. Rappelle-toi. Le gouvernement Macron et la RSE. Que toutes les entreprises devaient avoir des objectifs sociaux, environnementaux… Et après, il y a eu la révolution de la QVT, le VIME DE MIMI, le Vivre Mieux Et De Mieux en Mieux !

Patrick fronça de nouveau les sourcils.

— C’est pour ça que, tous les deux, on a quitté la CUT. On a senti qu’on n’allait plus avoir besoin de nous. Valait mieux partir à ce moment-là… On a même eu des aides de l’État, tu te rappelles, mon lapinou ?

Il bougonna et se leva.

— De toutes façons, je n’ai plus rien à dire. Et j’ai mes fleurs à arroser, moi !

Gabriel quitte Nathalie en s’excusant encore une fois. 

Il entre dans sa voiture électrique autonome et lance : « Maison ! ». Une voix lui répond joyeusement que le temps de trajet sera de 37 minutes et qu’il peut profiter de ce moment pour faire ce qu’il souhaite.

Il réfléchit. Et sourit.

Ben oui, même son entreprise d’ébénisterie, elle apportera un meilleur vivre à la société puisqu’il construira ses meubles derrière une vitrine, pour permettre à qui le veut d’apprendre les bases de son métier.

Il sait qu’il aura un certain nombre d’actions environnementales à faire, en particulier, toutes les 10 planches utilisées, l’obligation de planter un arbre. Il sait qu’il devra travailler avec les agriculteurs pour que les ressources soient équilibrées… Il devra utiliser avec intelligence et raison les produits avec lesquels il va préparer ses produits… Quand sa société grandira, il aura à cœur de développer ses salariés, pour les faire évoluer, pour qu’ils soient heureux au travail… Il les développera de l’intéressement et de la participation… Il fera en sorte que le management soit formé et bienveillant, cherchant toujours à donner du sens à l’action individuelle au sein du collectif de travail.

Bref, en fait, il fera comme on fait en 2019… non ?

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Responsable des Ressources Humaines

Bruno Wierzbicki est ingénieur en aéronautique et pilote de chasse dans l'armée de l'air. Dans sa...

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Bruno Wierzbicki

Responsable des Ressources Humaines Bruno Wierzbicki est ingénieur en aéronautique et pilote de...

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