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La start-up, eldorado du bien-être au travail ?

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Au moins, dans une startup, je ne serai pas considéré(e) comme un numéro, on fait super attention aux collaborateurs, pour qu’ils se sentent bien, avec plein de petites occasions de se réunir, et puis, il y a une super ambiance, non ?

Aujourd’hui, quel “Millennial” ne rêve pas de monter sa boîte ou de travailler dans une start-up ? La statistique est d’ailleurs sans appel : 86% des jeunes préfèrent éviter les grands groupes (étude Talentsoft 2017), un réel engouement pour les start-up.

Du coup, une question se pose : les RH sont-ils condamnés à faire “comme les start-up” pour attirer les talents dans leurs PME, ETI et grands groupes ?

Regardons d’un peu plus près ce qui fait rêver ces jeunes :

  • L’environnement de travail: “tu as vu, il y a un tournoi de baby-foot cette semaine… on va prendre un café sur le rooftop ? ”
  • L’ambiance de travail : “la plupart de mes collègues ont moins de 26 ans, on partage les mêmes centres d’intérêts, on se retrouve souvent pour boire des bières après le boulot.”
  • Le sens au travail: “je travaille pour une entreprise qui va révolutionner la façon de manger au 21ème siècle, c’est tellement important de bien se nourrir aujourd’hui”
  • Le management amical et proche : “mon manager a seulement 2 ans de plus que moi, on s’entend super bien, ça me donne envie de me dépasser. C’est sûr, il ne pourra jamais se comporter de manière inadaptée avec moi”
  • La possibilité d’apprendre vite: “on est une petite équipe, on évolue dans un environnement super dynamique, les décisions se prennent vite, du coup j’apprends énormément chaque jour”

Sur le papier, la promesse est alléchante, n’est-ce pas ? Elle peut d’ailleurs sembler bien loin de ce que vous vivez au quotidien dans votre société cotée…  Et si la réalité était un peu différente de ces images d’Epinal ? 

Crises de croissance, difficultés économiques, sous-effectif, investisseurs qui ne se bousculent pas au portillon,... les start-up sont souvent en proie à une réalité bien plus rude que ce qu’en disent les médias, qui généralement ne mettent en lumière que des levées de fonds à tours de bras.

Le quotidien de la start-up est en effet bien loin de l’eldorado espéré par cette nouvelle génération plus libre, en quête d’un équilibre vie pro / vie perso où le bien-être au travail doit être une évidence.

Spoiler alert : ce n’est pas parce qu’une start-up a levé des fonds qu’elle va réussir et pouvoir / vouloir  investir dans le bien-être de ses salariés. 

Le quotidien ressemble en fait plutôt à ça (dans les grandes lignes) : 

  • Horaires de travail à rallonge: on a l’impression qu’on va boire des bières avec ses collègues, mais le boss est là et en profite pour nous refaire bosser après 
  • Equilibre vie pro/ vie perso dégradé : si tu ne travaille pas le week-end, c’est que tu n’es pas assez “engagé”
  • Avantages en nature inexistants: pas de CE, pas de tickets resto, et pour les plus initiés, oubliez intéressement, participation, 1% logement, 13e mois, chèques vacances… heureusement, il y a lebaby. Si seulement c’était un critère de différenciation.
  • L’espoir d’une apogée qui ne viendra pas: en fait, les employés de start-up sont tenus par l’espoir qu’un jour l’entreprise décollera et qu’ils auront été les premiers à y croire, à faire partie de cette aventure. Savez-vous seulement combien y parviennent ? Croyez-moi, on parle bien peu des échecs entrepreneuriaux et pourtant il s’agit bien de la grande majorité, j’en ai moi même fait l’expérience. De même dans mon entourage, j’ai fait état de start-up en croissance qui ont gentiment remercié leurs premiers salariés, “parce qu’il faut scaler” ou “parce qu’ils ne sont plus assez performants”. Pas étonnant lorsqu’on travaille non-stop avec de surcroît un boss qui met insidieusement la pression. Hors de question pour ces gentils entrepreneurs de rendre la monnaie de leur pièce à leurs potes-salariésde la première heure et le réflexe est désormais toujours le même : rupture conventionnelle. 

Alors, RH, faut-il vous inspirer des start-up en matière de bien-être au travail ? 

Si le quotidien de la start-up n’est pas toujours rose, tout n’est pas à jeter pour autant. Il y en a aussi qui sont de véritables exemples d’une stratégie de bien-être réussie. Le facteur clé de succès ? Une intégration de cette stratégie dès le départ en faisant un véritable maillon de l’ADN de l’entreprise. 

Que font ces start-up qui réussissent à rendre heureux leurs salariés et à les engager à tel point que les collaborateurs sont fiers de porter des sweats avec le logo de l’entreprise dans le dos ? Elles vont chercher leur inspiration à l’étranger, en particulier dans la Silicon Valley, à Tel Aviv ou à Singapour. Précurseur en matière de bien-être et d’environnement de travail, il semble que Google reste toujours l’entreprise à suivre. 

De notre côté de l’Atlantique, les espaces de coworking prennent le chemin d’être les nouveaux Google de l’environnement de travail, soutenus par les américains (encore !) et WeWork qui impose son style dans le #futureofworkplace. Mais l’expérience collaborateur c’est aussi l’intégration, l’onboarding et un tas de petits éléments qui font que l’entreprise au quotidien encourage par exemple l’horizontalité, le travail collaboratif, l’autonomie et la prise d’initiative des collaborateurs. 

PME, ETI, Grands groupes, quels sont vos atouts face aux start-up ?

Proposer des avantages en tous genres (réductions pour le cinéma, places pour Roland Garros…) c’est souvent ce qui fait rester les salariés dans les grandes entreprises, mais en faisant cela gardez-vous les bons éléments ? 

Mettre en place des conditions de travail favorables pour améliorer le bien-être des salariés émane avant tout d’un état d’esprit de la part de la direction. La démarche est ensuite portée par les RH et les managers, pour redescendre en cascade sur tous les collaborateurs. Le bien-être c’est bien plus que les avantages de type comité d’entreprise, c’est surtout la possibilité de se former en continu pour développer son employabilité, des opportunités de carrière et de développement, bref mettre le collaborateur au centre de l’entreprise et lui laisser davantage d’espace pour exprimer son potentiel.  

En tant qu’entreprise établie, vous avez cet avantage de pouvoir mettre en avant les initiatives des collaborateurs en proposant par exemple des programmes d’intrapreneuriat. Une option très séduisante pour 72% de la génération Y qui se dit très intéressée par cette démarche et attirée par les entreprises qui le propose. C’est l’opportunité idéale pour les salariés d’allier entrepreneuriat et salariat et d’avoir le sentiment de faire partie d’une aventure entrepreneuriale (sans le risque financier ou de rupture conventionnelle) ! 

Autre exemple, sachant qu’un salarié effectuera désormais entre 10 et 13 transitions professionnelles, mettre en place un programme de mobilité interne performant. Aujourd’hui certaines entreprises proposent même de mettre la technologie prédictive au service de la gestion de carrière de leurs salariés, de quoi leur donner envie de rester chez vous et même d’y faire carrière (oui, on peut changer 10 fois de poste dans la même entreprise) ! 

Enfin, pensez d’abord à redonner du sens au travail. Il y a des tas d’entreprises où les salariés ne savent plus pourquoi ils travaillent : quelle est la vision de l’entreprise ? Qu’est ce qu’on essaye de changer ? Quel est le sens de ma mission ? Une bonne idée : commencer par regarder la vidéo de Simon Sinek “Start why with” pour comprendre l’impact d’un “pourquoi” d’entreprise bien défini et organiser des groupes de travail pour le (re)définir en impliquant les collaborateurs.

Un peu de prospective RH

Il y a fort à parier qu’après une forte période d’engouement pour l’entrepreneuriat et les start-up, une certaine désillusion va se produire. La génération suivante, les Z nés dans les années 2000, se tournera à nouveau vers des entreprises plus établies pour commencer leur carrière. Cette génération commencera à arriver sur le marché du travail d’ici deux ans, les entreprises établies ont donc tout à gagner à commencer à miser sur le bien-être pour attirer les futurs talents Z. #employeeAdvocacy

Auteur

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Entrepreneure et rédactrice freelance

Diplômée d’un master en management à l’EDHEC...

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Victory Orset

Entrepreneure et rédactrice freelance Diplômée d’un master en management à l’EDHEC business school...

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