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Gestion des talents : des enjeux inédits

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Le marché du travail se resserre, les salaires augmentent et les employeurs – qui avaient jusque-là la main – sentent bien qu’un changement significatif est en train de se produire : ce sont aujourd’hui les salariés qui tiennent les rênes.

Qu’est-ce que cela signifie pour les employeurs ? Comment peuvent-ils attirer, conserver et motiver les salariés talentueux ? Pour apporter une réponse à ces questions, le centre de recherches ADP Research Institute® a mené une nouvelle étude sur ces tendances.

« Moi » contre « Nous » : comment être compétitif quand 63 % de votre effectif pense à partir ?

Les résultats, délivrés dans l’article publié par ADP® « L’évolution du travail 2.0 : la mentalité moi contre nous », montrent que les collaborateurs ont tendance à se concentrer sur leur environnement de travail, à chercher un sens à leurs tâches et souhaitent bénéficier d’opportunités de promotion rapidement (le « moi »). Les employeurs se concentrent généralement sur des aspects plus vastes, comme les performances financières, la réputation et le parcours professionnel à long terme (le « nous »).

Et si une ère d’économie prospère ouvrait ses portes ?

Les recherches d’ADP ont également révélé que les salariés européens ont tendance à rester fidèles à leurs employeurs et à changer d’emploi moins souvent que dans d’autres régions du monde. Alors que le chômage diminue et que le marché du travail européen se porte mieux – avec notamment près de 89 000 emplois créés en France entre janvier et août 2017, d’après le Rapport National sur l’Emploi en France d’ADP –, le décalage de perception sur l’entreprise entre salariés et employeurs devient de plus en plus visible. Bien que de nombreux employeurs conviennent qu’il est difficile de conserver les meilleurs talents, les recherches d’ADP révèlent qu’ils sous-estiment également le nombre de collaborateurs susceptibles de changer d’emploi.

La recherche passive d’un autre emploi est la nouvelle norme

Selon l’enquête, 64 % des salariés européens croient qu’il n’existe plus de sécurité de l’emploi, alors que 47 % estiment que tout le monde devrait en permanence chercher sa prochaine opportunité d’emploi, soit dans la société où l’on travaille actuellement, soit ailleurs. Ces résultats suggèrent que de nombreux collaborateurs pourraient être passivement à la recherche d’un nouvel emploi, même s’ils ne cherchent pas encore.

Le développement de nouvelles technologies de recrutement a probablement joué un rôle important. Pour les salariés, il n’a jamais été aussi simple de s’informer sur les offres d’emplois disponibles en ligne et de se connecter de manière informelle avec les recruteurs, car les profils des salariés et les domaines d’expertise sont accessibles en un clic.

Une multitude de facteurs qui perturbent la rétention

Les salariés qui ne se sentent pas appréciés dans leur travail sont les plus susceptibles de commencer à chercher de nouvelles opportunités. Il est donc préoccupant que la recherche d’ADP ait révélé que les salariés européens se sentent moins valorisés que les employés du reste du monde. En France, ce problème est particulièrement important : seuls 23 % des travailleurs se sentent valorisés alors que ce chiffre est de 38 % au Royaume-Uni. En revanche, 58 % des Allemands estiment qu’ils sont reconnus pour leur travail.

Concernant la gestion des talents, les collaborateurs européens sont davantage alignés sur la tendance mondiale. La plupart estiment que les employeurs ne font pas du bon travail dans tous les domaines de la gestion des talents, avec seulement 31 % des répondants estimant que leur entreprise est performante en matière de processus de rémunération et de motivation ; et 38 % pour le management de la performance.

Et ensuite ?

Bien qu’il y ait des obstacles à surmonter, les employeurs ont l’opportunité de résoudre cette déconnexion du « moi » et du « nous ».

La formation des collaborateurs est un bon moyen d’y parvenir. À l’heure actuelle, moins de la moitié des entreprises européennes (47 %) proposent des opportunités de formation à tous les salariés, et un tiers propose une formation spécifique pour aider les salariés à exceller dans leur poste actuel. Seules 8 % offrent des formations correspondant aux besoins futurs du marché dans leur secteur d’activité.

Des programmes de formation améliorés peuvent permettre des possibilités de promotion en interne, tout en développement l’engagement des salariés et en entretenant la fidélité sur le long terme. Bien sûr, ce n’est qu’une étape, mais ce peut être un début puisque les employeurs mènent la nouvelle guerre des talents à travers toute l’Europe.

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Le Dr. Ahu Yildirmaz est à la tête de l’Institut de Recherche ADP Research Institute.

Elle y dirige les recherches sur l’économie...

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Ahu Yildirmaz

Le Dr. Ahu Yildirmaz est à la tête de l’Institut de Recherche ADP Research Institute. Elle y dirige...

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