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Les jeunes et l'entreprise

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Nous avons sollicité 3 jeunes professionnels pour qu’ils nous racontent leur parcours et leur vision du monde du travail. L’objectif ? Essayer de comprendre un peu mieux ces générations Y et Z en plaçant le curseur sur le registre du témoignage. Ces 3 jeunes évoluent dans des contextes différents : l’une est dans un grand groupe, Safran, l’un est dans une PME, Eficium, et le troisième a monté sa Start-up dans les biotechnologies.


Lorsqu’il commence sa licence en Hygiène et Environnement, Vignesh Jayachandran confesse que sa vision du monde du travail était assez « pessimiste » : « autour de moi, j’entendais surtout les gens se plaindre de salaires trop bas et de leurs difficultés pour évoluer professionnellement. » Loin d’être découragé, Vignesh multiplie les petits boulots comme employé de rayon dans une grande surface ou commercial dans la téléphonie. « Il s’agissait de boulots alimentaires et plutôt fatigants, avec des horaires difficiles à gérer. Ces expériences m’ont endurci et confirmé qu’il me fallait continuer les études pour trouver un métier intéressant. »

Du côté de Katia Carreira, chargé développement RH chez Safran Reosc en alternance, c’est avant tout la crainte de « s’ennuyer et de ne pas avoir de responsabilités » qui la préoccupaient. La réalité l’a vite rassurée. En s’engageant dans de nombreux stages puis en optant pour la formule alternance, son regard sur l’entreprise a évolué. « Chaque entreprise propose un challenge et il faut savoir se montrer et se battre pour que les managers vous confient des missions stimulantes. »

Issu d’une famille d’entrepreneurs, Clément Babinot a lui toujours baigné dans le monde de la « création et des petites structures ». Pour lui, c’était clair dès le départ : « les grandes entreprises riment avec impersonnalité. Les liens entre les individus sont trop distants et on ne retrouve jamais cette proximité que j’apprécie dans une Start-up. »

En situation

L’école de Clément Babinot, Sup'Biotech, a parfaitement matché avec ses ambitions de carrière. En 2ème année, ses professeurs lui demandent de conduire un projet en biotechnologie pendant 4 ans. « On est parti sur un projet d’encre de tatouage permanent mais effaçable à volonté grâce à une crème. Au fur et à mesure qu’on se rapprochait de la faisabilité technique, on s’est rendu compte qu’il existait un marché pour notre produit. ». Associés à un camarade, ils passent à la vitesse supérieure. En 2013, ils tentent un concours de financement (par BPI France) et gagnent une dotation de 35 000 €. Ils créent leur Start-up, Aenydris, en février 2015. L’ambiance de travail est idéale. « Comme on évolue dans un contexte de recherche, le planning n’est pas forcément cadré. On est dans une dynamique « jeune ». On s’amuse tout en travaillant. » Rien à voir avec le boulot de  développeur web qu’il a exercé dans une agence web pendant ses études : « J’ai exercé ce métier pour payer les factures. Je n’étais pas passionné par mes missions. Aujourd’hui, j’aime être mon propre patron. J’aime les sacrifices qu’il faut faire pour arriver où l’on souhaite. »

Selon Clément Babinot, cette dynamique entrepreneuriale a été rendue possible grâce aux logiques du secteur des biotechnologies. « Les grands groupes pharmaceutiques sont de plus en plus dans une logique de croissance externe par le rachat de structures innovantes que le recrutement d’experts ou de spécialistes. C’est pourquoi les écoles poussent l’esprit d’entrepreneuriat pour des créations ou développer des profils pluridisciplinaire très recherchés en Start-up.»

Lorsqu’elle entame ses premières missions, Katia Carreira avoue avoir été gênée par l’environnement de travail. « On doit respecter de nombreuses procédures et exécuter des tâches sans vraiment tout comprendre. » La communication interpersonnelle est aussi dans son viseur. « Les échanges passent essentiellement par mail et par téléphone. Je regrette qu’on ne puisse pas davantage s’adresser aux personnes en face. Ce côté relationnel fait un peu défaut dans le monde du travail. » Malgré ces constats, Katia a identifié les clés pour progresser professionnellement : « se montrer sans cesse curieux et faire preuve d’une motivation à toute épreuve. »

Le premier « vrai » job de Vignesh Jayachandran s’est déroulé au sein de la Mairie de Paris comme technicien supérieur. « J’ai été bien intégré dans les équipes mais ma fiche de poste était peu ou mal définie. Au final, je me suis ennuyé car je n’avais pas beaucoup de travail. » Il rejoint alors le secteur privé comme inspecteur nettoyage chez Eficium. « C’est encore récent pour moi, mais j’apprécie déjà le rythme de travail et la diversité des missions : découvrir des chantiers, faire des réunions… »

Et plus tard…

Katia Carreira a conscience que le contexte économique français est compliqué : « la France n’est pas un pays où il y a du boulot pour tout le monde ». Cependant, elle reste persuadée que « l’alternance lui permettra de trouver un poste durable avec des responsabilités. » Son ambition ? Devenir dans quelques années Responsable RH d’un site. « Dans le travail, il est important de faire ce qui nous plait. Je suis prête à partir si le boulot me plait plus. Si ma boite ne me propose pas d’évoluer, je changerai sans problème. Le changement ne me fait pas peur. Je veux apprendre tous les jours. »

Au regard de ses différentes expériences professionnelles, Vignesh dresse ce constat. « J’estime que les entreprises doivent faire davantage confiance aux jeunes. Celui qui est là depuis 20 ou 30 ans ne sait pas forcément tout. Parfois, il faut savoir laisser la place. » Avis aux RH et aux managers…

Auteur

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Journaliste de formation, je me suis progressivement spécialisé dans les domaines RH, marque employeur, formation et éducation....

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Romain Giry

Journaliste de formation, je me suis progressivement spécialisé dans les domaines RH, marque...

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