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Le Knowledge Management et le renseignement

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Nous avons dit que les problématiques du KM sont tout à fait connexes à celles que l'on peut rencontrer dans le Renseignement. Approfondissons donc la question.
 
Le Renseignement, traditionnellement, s'appuie sur trois capacités :  

  • Le recueil de données informationnelles.
  • Une taxinomie dynamique, pouvant s'appuyer sur un moteur de recherche et des systèmes experts.
  • Une exploitation intelligente et opportune de ces données, par analyse, synthèse, concaténation, recoupement, combinatoire, etc..

Jusqu'à une période relativement récente, la difficulté du Renseignement résidait essentiellement dans le premier point, c'est à dire la connaissance de données et d'informations que les autres ne possédaient pas, en tous cas pas avant nous ; ou sur l'acquisition de données ou d'informations – parfois par des agissements illégaux ou guerriers – que les autres possédaient, mais qui nous étaient dissimulées. La « guerre secrète » portait d'abord sur les données. L'information était rare et protégée ; toute information était par conséquent la bienvenue. Le champ d'exploitation était de dimension raisonnable.
 
La problématique s'est inversée. Aujourd'hui, en effet, l'information est surabondante, et les données confidentielles de plus en plus difficiles à protéger. Ce n'est plus la possession des données qui est l'enjeux majeur, c'est leur taxinomie et leur exploitation. Tout est à la disposition de tous, et pour peu qu'on s'y intéresse avec sérieux – et qu'on dispose d'un temps très conséquent –, on trouve toujours ce que l'on cherche. La difficulté n'est plus d'obtenir une information aux dépends des autres, mais plutôt de la dégager, avec plus de rapidité et de clairvoyance que les autres, de la masse gigantesque des informations à disposition.  
 
Cette problématique s'aggrave lorsqu'il s'agit de construire une taxinomie et un système de recherche capable de nous fournir les 10% qui nous intéressent en nous évitant les 90% qui nous dispersent et nous égarent.
 
Quant à l'exploitation des données, elle se heurte à la croissance exponentielle des possibles. Il s'agit toujours de reconstituer un puzzle ; c'est déjà délicat. Mais si 1000 puzzles de 1000 pièces chacun ont été mélangés dans un gros sac, et que chaque configuration d'assemblage évolue en mode dynamique au cours du temps, cela devient franchement difficile. Or la comparaison n'est pas surfaite.
 
L'enjeu moderne est la modélisation d'une recherche rapide, opérationnelle, intégrant des principes d'exploitation paramétrables des informations. Celui qui possèderait un tel outil serait plus maître du jeu que les autres. Ce sont ces modèles, ces outils, on pourraient dire ces armes ultra-modernes, qui vont devenir l'objet du Renseignement et de l'espionnage. La rareté s'est déplacée de l'information à l'exploitation de cette information.
 
Il en va de même pour le management de la connaissance dans l'entreprise. Mettre en place un système de recueil de l'information peut être relativement facile (encore que peu d'entreprises le pratiquent efficacement). Mais la capitalisation n'est pas une simple accumulation quantitative ; il s'agit de restituer à la bonne personne l'information dont elle a besoin, au moment où elle en a besoin, et même de lui permettre d'élargir l'estimation initiale de ces besoins… Il y a là une véritable fécondité possible : permettre de créer un certain dynamisme de recherche et de création de valeur, sans que la personne n'ait eu elle-même, de manière exclusive – ce qui serait très « chronophage », – à maintenir une veille tout azimut et à aller elle-même à la pêche aux informations utiles.

Auteur

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Rédacteur en chef de RH info

Titulaire d’un CAPES de Philosophie et Maître en...

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Patrick Bouvard

Rédacteur en chef de RH info Titulaire d’un CAPES de Philosophie et Maître en Sorbonne, il enseigne...

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