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QVT : le travail bien fait... fait du bien

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Je suis fils d’artisan, petit-fils d’artisan et de paysan. J’ai reçu par transmission le goût et le plaisir du travail bien fait. Le souci de faire plaisir et de se faire plaisir, avec de l’exigence et le respect de son métier.

Mon propre métier me conduit aujourd’hui à beaucoup observer les autres, particulièrement lorsqu’ils sont au travail. Or cet été, à l’occasion de mes vacances, j’ai été particulièrement frappé par un type de comportement ; comme un trait dominant au cœur des activités des uns et des autres. En effet, quels que soient les métiers auxquels j’ai eu affaire, la gentillesse, le sourire, l’envie qu’a eu mon interlocuteur ou mon interlocutrice de me faire partager quelque chose de ce qui l’animait… m’a touché au plus haut point : je l’ai vu et conçu comme quelque chose d’exceptionnel. J’ai ressenti les échanges que j’ai pu avoir dans ce cadre comme un véritable luxe. Une attention portée à m’accueillir, une bienveillance face à ma maladresse, une volonté de me satisfaire, de faire briller mes yeux avec l’histoire qui accompagnait un produit, un service… tout cela m’a semblé constituer une véritable qualité de vie, une différence à laquelle j’étais plus que sensible pour « consommer » ; et même ce terme, pourtant si connoté, prenait alors une saveur, une teinte chaleureuse.

Voilà : j’ai été extrêmement vulnérable à la transmission du virus du travail fait… avec plaisir ! Ah ! J’étais loin de toute productivité et de tout ratio chiffré, loin de tout reporting : j’étais exclusivement centré sur les autres, leur façon d’être bien au travail, et de la communiquer avec une certaine ferveur.

Rassurez-vous : je ne suis pas pour autant revenu en philanthrope niais, et je n’ai aucunement perdu conscience du besoin qu’ont les entreprises d’être compétitives. Mais quand – comme cela est mon cas aujourd’hui – je réfléchis à titre professionnel à ce que l’on appelle la “Qualité de Vie au Travail”, je ne peux m’empêcher d’établir des liens forts entre mes observations de cet été et ce sujet crucial.

Ainsi, ce que j’ai considéré comme exceptionnel et luxueux ne pourrait-il pas être beaucoup plus largement répandu, au service même de la compétitivité, si nous savions en réunir les conditions ? Car là où la relation n’est pas bonne, dans le travail, comment imaginer créer de la confiance, de la motivation, de l’engagement ? Et pourtant tout se passe comme si nous nous contentions de cette illusion, au nom de je ne sais quel pragmatisme financiaro-comptable mal compris.

J’ai toujours été convaincu que beaucoup de satisfaction pouvait être trouvé dans la relation au travail ; pour soi, avec ses collègues, avec son entreprise… avec ses clients ! En 2010, j’avais même rajouté Directeur des “Relations” Humaines au traditionnel Ressources ; Relations que mon patron d’alors vient de promouvoir à nouveau dans un superbe témoignage donné aux Echos du 2 octobre, en m’adressant un clin d’œil : c’est bien que cela sert aussi le business, non ?

Je pense fermement que l’amour du métier, celui qui amène à “remettre inlassablement sur le métier” l’ouvrage qui n’est pas bien fait – comme le disait mon grand-père – jusqu’à être fier du résultat… donne à chacun et à tous une véritable qualité de vie au travail. Certes, cela ne suffit pas toujours, mais rien de ce que j’ai observé chez toutes celles et tous ceux que j’ai croisés et évoqués ci-dessus n’était feint :  leur qualité de vie était réelle.

Au début de cet automne, j’ai participé aux côtés de clients à une grande soirée, organisée par mon entreprise pour les remercier et mettre à l’honneur leurs plus belles réalisations, dans le cadre de notre partenariat. J’ai vécu ce moment avec une véritable jubilation. Celles et ceux avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger m’ont fait partager leur amour du métier, de la « belle ouvrage » ; ils étaient fiers… et moi aussi, au nom de l’enseigne que je représentais, des femmes et des hommes qui la font marcher, et d’y contribuer de mon mieux.

Alors, je suis plus que jamais convaincu qu’il faut que, dans le cadre des échanges que j’aurai avec les partenaires sociaux sur ce sujet de la “QVT” – drôle d’acronyme pour traiter de… la vie –, je puisse parler de tout ça sans naïveté aucune ; car cela me tient à cœur. Et si nous parvenons à partager ce diagnostic et à en faire quelque chose de bien, alors nous aurons, ensemble… bien travaillé !

Auteur

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Stéphane Fayol

*/ Directeur des Ressources Humaines Master GRH – ESSEC, Stéphane vit le métier de RH depuis 1989...

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