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Que feriez-vous à ma place ?

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Chacun se pose la question. Pas forcément de savoir ce que vous feriez à sa place, mais quelle est sa place sur le plan professionnel et comment elle s'inscrit dans les rouages de l'entreprise.

Invité récemment par l'entreprise Jamespot qui organisait une émission en live sur le thème « Vis mon job », les questions de « la place » et du « rôle » ont été posées.

Beaucoup d'entreprises aujourd'hui, mettent en oeuvre des expériences similaires (qu'elles appelleront « vis mon job » ou d'une autre façon), qui ont toutes pour vocation de permettre à des collaborateurs d'occuper, le temps d'une journée le plus souvent, la place d'un autre.

Peut-on vraiment, en une seule journée, appréhender tous les tenants et aboutissants d'un poste ? Les contraintes, le stress, les enjeux, les interactions en interne ou en externe... Probablement pas. Et pourtant, toutes les personnes qui se prêtent à ce genre d'exercice reconnaissent avoir beaucoup appris et compris, cela justifie amplement que nous poussions un peu plus loin l'analyse.

Ils ne comprennent pas parce qu'ils ne sont pas à ma place !

Si l'expérience est ludique en soi, ce qui ramène en quelque sorte à l'enfance -une période de notre vie où l'on adorait jouer des rôles, se déguiser- d'un point de vue RH, ce changement de place a des vertus qui vont bien au-delà de l'amusement. 

Aujourd'hui, dans l'entreprise, dans le meilleur des cas, chacun a bien compris sa mission. On lui a remis une fiche de poste, on a pris le soin de lister ses tâches, on a clairement défini son périmètre d'action et les objectifs qu'il aura à atteindre. J'ai cru bon de préciser « dans le meilleur des cas » car malheureusement il y aurait encore beaucoup à faire au niveau même de la définition des postes et de la communication RH s'y afférant.

Prenons donc comme postulat que je sais ce que j'ai à faire dans l'entreprise... Cela ne m'éclaire pas toujours pour autant sur ce que font les autres... Ceux avec qui je travaille au quotidien, ceux avec qui j'ai des contacts réguliers mais qui oeuvrent pour d'autres services. Comme tout le monde, j'essaie d'accomplir mon travail en temps et en heure. Mais parfois, ce sont les autres qui me freinent. J'avais demandé un dossier, une validation, une signature auprès d'un autre service et rien n'arrive. Forcément, je les trouve lents... J'irai même parfois jusqu'à les déclarer incompétents... Je leur reprocherais bien d'ailleurs de ne pas se rendre compte qu'en ne me fournissant pas ce dont j'ai besoin, ils compromettent la réussite de mes actions, et deviennent même susceptibles de jouer sur mes résultats, voire sur ma part variable... Et puis j'avoue qu'il peut m'arriver d'avoir quelques poussées paranoïaques... « ils ne mettent aucune bonne volonté... », « ils le font exprès... » ou encore « ils font tout pour me compliquer l'existence... ».

S'ils étaient à ma place... Ils comprendraient.

Un changement de place salutaire

Changer de place s'avère être une excellente solution pour mieux comprendre ses collègues. Dans un sens comme dans l'autre. Car en changeant de place, chacun s'approprie la réalité de l'autre. Comme dans bien des domaines, la méconnaissance est à l'origine du préjugé et des jugements hâtifs. En me mettant à la place de l'autre, je découvre une autre vision, des paramètres qui m'échappaient totalement de la place que j'occupais. Certes, je découvre plus concrètement ce que fait l'autre, j'apprends les grandes lignes de son métier, mais plus important encore, je prends conscience de ses problématiques, de ses contraintes... Je réalise que s'il ne m'a donné la validation que j'attendais tant, ce n'était pas de son fait, qu'il est lui-même parfois dépendant d'autres instances. J'apprends à ne plus l'incriminer mais à faire preuve d'indulgence, de compréhension. Et l'Autre me le rend bien, constatant à son tour toutes les retombées possibles dans le traitement de mes dossiers en attente.

« Vis mon job », c'est une expérience gagnant-gagnant. 

Un nouveau regard impactant

Je change donc de regard et l'autre aussi. Et cela modifie la relation que j'ai avec l'Autre. N'est-ce pas aujourd’hui un des plus grands desseins des services RH ? Le mieux travailler ensemble. Difficile d'y arriver si l'on s'en tient à en faire un objectif, certes louable, mais sans moyens à la clef.

Et si cette interversion des rôles permettait d'aller encore plus loin ? Lorsque l'autre me questionne sur mon quotidien professionnel, il m'aide aussi à voir différemment. Il a du recul, il pose des questions naïves... des questions « à côté de la plaque », mais parfois aussi fait preuve d'un bon sens que je peux avoir perdu du fait de la répétition des tâches et de l'habitude de suivre une méthode qui, pourrait parfois être optimisée. Le « vis mon job » prend alors une toute autre dimension. Il me permet aussi de remettre en question ma pratique et d'inventer grâce à la présence de l'autre, des solutions nouvelles, une approche diversifiée. 

L'arbre qui cache la forêt...

Mais derrière la question de la place se cachent peut-être insidieusement d'autres problématiques plus complexes encore. L'individu, pour pouvoir évoluer sereinement, a besoin de comprendre quel rôle il joue. Il peut accepter de n'être qu'un maillon de la chaîne, à condition de savoir quelle est la contribution finale de ce maillon.

Se sentir à sa place, c'est souvent avant tout comprendre pourquoi on est là, à quoi on sert vraiment. Pouvoir rentrer chez soi, le soir, en se disant qu'on a bien justifié, par sa présence dans l'entreprise, un salaire qui tombera à la fin du mois, mais plus encore : se sentir utile. Un sentiment essentiel qui souvent préserve l'individu du stress et des autres maux que génère l'entreprise d'aujourd'hui.

Derrière la question de la place se trouve celle du sens. Pourquoi suis-je là ? Quel est le sens de ma mission? C'est à la Direction, aux RH et bien sûr aux managers d'anticiper, de faire en sorte que le salarié partage la vision, la stratégie, les valeurs de l'entreprise. Sans ce tiercé gagnant, difficile de demander à un collaborateur de faire preuve d'implication. 

Mais si tout a été fait pour que chacun trouve sa place et que malgré cela, le collaborateur continue à se questionner... « Suis-je à ma place ? » il peut être judicieux de lui permettre de travailler avec un coach qui l'aidera à mettre en lumière les raisons de ce questionnement et les moyens d'agir pour ne plus vivre cet inconfort. Un manque de confiance en soi peut parfois être à l'origine d'une vision tronquée de la réalité qui donne l'illusion à l'individu concerné qu'il n'est pas à sa place alors même que chacun le trouve efficace et légitime. 

Vis mon job, c'est changer de regard sur l'Autre. Se faire coacher, c'est souvent aussi changer de regard non seulement sur l'Autre, sur les situations vécues mais également sur sa propre personne.

Vous trouvez que je « prêche pour ma paroisse » en vantant les bienfaits du coaching ? Je suis coach. Que feriez-vous à ma place ?

Auteur

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Coach en communication relationnelle/ Formateur en prise de parole, gestion du stress, prévention des Risques Psycho-sociaux et...

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Frédéric Levy

Coach en communication relationnelle/ Formateur en prise de parole, gestion du stress, prévention...

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