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Mesurer le stress ?

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Chacun le sait bien, à le vivre au quotidien dans son travail : le « stress » n’est pas une réalité identifiable comme un objet, facilement descriptible et toujours identique. Le nombre de facteurs qui entrent en jeu dans ce que l’on pourrait trivialement appeler notre « agitation intérieure » sont trop nombreux pour être analysés séparément ; qui plus est, leur interdépendance-même fait qu’ils se déterminent en partie les uns les autres : un souci familial me rendra plus sensible à telle réflexion de mon hiérarchique, et le mécontentement d’un client survenant par dessus prendra sans aucun doute un relief négatif accentué en moi. Au demeurant, le relief ne sera pas moindre – mais en positif – si d’excellentes nouvelles m’avaient mis le moral « au beau fixe », comme on dit.

L’impact de « l’état du monde »

En outre, l’actualité "mondiale", suivie désormais « en temps réel », crée une sensibilité accrue qui pèse évidemment sur nos jugements et nos réactions. Ce facteur est d’autant plus pernicieux qu’il est la plupart du temps inconscient, pénétrant nos sphères professionnelles et privées par osmose, par immersion dans une culture d’inquiétude. Il est frappant, par exemple, de voir la Bourse réagir à l’ensemble des évènements qui se déroulent sur la planète, même lorsqu’ils ne concernent pas forcément les entreprises dans leurs activités ; c’est un révélateur, mais nous fonctionnons tous, dans notre moral et notre psychologie, d’une manière ou d’une autre – et que nous le voulions ou non – en réaction aux environnements qui tissent notre quotidien.

Des sources de stress combinées

Tous ces éléments font qu’il est souvent délicat d’isoler une cause de stress exclusive. Une évaluation de stress réalisé dans une équipe, par exemple, au lendemain d’une annonce d’un plan de licenciement dans leur entreprise, reflètera inévitablement un état d’esprit morose, même si le plan en question ne concerne pas directement l’équipe. Et deux évaluations successives réalisées à quelques semaines d’intervalle dans deux contextes différents pourront voir leurs résultats évoluer de manière significative. Le choix du moment où l’on évalue le stress d’une personne ou d’une équipe est donc assez décisif. Le but est évidemment, si l’on veut faire un travail objectif, de relativiser autant que faire se peut les éléments parasites, afin d’identifier un état réel de stress, eu égard à des causes identifiables.

Il n’y a pas, pour se faire, de techniques ou de « ficelles » systématiques. Seule une intelligence de situation permettra à un manager, par exemple, d’obtenir un reflet fidèle de l’état de stress de son équipe. Il convient également de conduire à ce propos une communication solide, afin que les personnes concernées se placent dans le même souci d’objectivité.

Mesurer, c’est reconnaître, donc pouvoir anticiper

L’appréciation du niveau de stress conduit à la « reconnaissance » de ce stress, et par conséquent à son objectivation. Là encore, la difficulté est d’apprendre aux personnes à traiter cette information de façon constructive, pour créer une dynamique d’adaptation et de résolution. Dans la plupart des cas, la reconnaissance du stress a un effet psychologique positif : celui d’une prise de conscience individuelle et collective qui fait baisser la tension ou la crispation ; la solidarité et le soutien mutuel qui peuvent en découler a en général des conséquences bénéfiques sur le fonctionnement de l’équipe.

La méthodologie d’appréciation récurrente et régulière du niveau de stress permet ainsi d’anticiper des difficultés et d’orienter les actions à mener.

Auteur

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Rédacteur en chef de RH info

Titulaire d’un CAPES de Philosophie et Maître en...

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Patrick Bouvard

Rédacteur en chef de RH info Titulaire d’un CAPES de Philosophie et Maître en Sorbonne, il enseigne...

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