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L'exigence de bienveillance

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Le leadership revisité (7/7)

Nous avons vu la dernière fois que dans la question du leadership se nichait quelque chose de très impalpable, mais néanmoins de majeur. Le leader est celui qui anime les relations : il conduit des individus pour que les interactions et les idées puissent s’exprimer et que les idées innovantes émergent. Au vu de ce qui précède, cela lui demande une grande capacité à gérer ses propres émotions et aussi, une très grande capacité d’adaptation. Cette capacité d’adaptation n’est pas seulement liée aux situations vécues dans l’entreprise et au niveau de maturité des personnes, comme le suggère la théorie du management situationnel, mais aussi au changement de société, à ce que vivent les gens à l’extérieur de l’entreprise. Le leader d’aujourd’hui a les oreilles et les yeux grands ouverts : il analyse et comprend ce que veut dire pour lui ce qui se passe à l’extérieur de l’organisation, afin de mieux comprendre dans quel contexte évoluent ses collaborateurs. Cette compréhension le rend humain et bienveillant.

Mais que vient faire la bienveillance dans la question du leadership ? La bienveillance a pour synonyme la compréhension, la cordialité, l’indulgence, la prévenance, la sympathie, l’amabilité. Tous ces mots recouvrent des manières d’être avec les autres qui ne sont pas neutres, et encore moins distantes. Ainsi, la bienveillance implique un lien affectif qui met en œuvre notre capacité à apprécier les autres, voire à les aimer. Nous sommes bien dans le registre de l’émotion.

Dans la langue française, nous n’utilisons qu’un seul mot : le mot « aimer ».  Dans la Grèce Antique, on utilisait 4 mots pour exprimer « aimer » : eros, pour l’érotisme, la passion, storgé qui concerne plutôt les membres de la famille, philos, s’adressant aux amis (habituellement 4 ou 5 personnes), agapé, pour toutes les autres personnes. D’une manière générale, agapé, c’est l’amour dont parlent les évangiles (spiritualité chrétienne), ou bien la compassion (spiritualité bouddhisme), c’est le « tu aimeras ton prochain comme toi-même », traduit de la Torah par « tu aimeras, en allant vers ton prochain », c’est la bienveillance dont on parle en développement personnel. Cet amour là nous permet de nous intéresser à l’autre, souhaiter qu’il aille bien, qu’il soit en bonne santé, ou même heureux. Il nous permet de  respecter sa dignité et de le prendre en considération. Ainsi, agapé est nécessaire dans toutes organisations humaines parce qu’agapé c’est considérer les autres : les écouter, comprendre leurs besoins ou leurs manques, les accompagner quand cela est nécessaire.

Remettre l’humain au centre des organisations, c’est admettre que rien n’est possible sans agapé. La bienveillance découle d’agapé. La bienveillance permet la confiance nécessaire entre des personnes qui doivent travailler, échanger, et coopérer. La confiance augmente le partage d’informations, l’ouverture aux idées nouvelles, aux idées des autres et la coopération. La confiance rend fluide les relations entre les personnes. Instaurer la confiance pour un leader, c’est d’abord se montrer digne de confiance : dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit. C’est, à ce titre, être exemplaire. Ainsi, le leader, manager ou toute personne dans une organisation qui souhaite être un leader, doit cultiver cette bienveillance.

Si on donne au leadership cette capacité à déclencher l’envie chez l’autre de nous suivre, il est impossible d’ignorer que le leadership d’aujourd’hui et de demain, ne sera pas celui d’hier. Toujours animé du même désir d’action, le nouveau leader est plus tourné vers les humains qu’il est censé guidé. Par nécessité… mais gageons que cette nécessité de considérer l’autre apporte à tous, non seulement plus de performance collective, mais aussi plus de bien-être.


Sommaire de la série d’article : Le leadership revisité

1 / Le leadership revisité : hier et… aujourd’hui !

2 / Faire mieux et ensemble

3 / L’engagement de la personne

4 / L’engagement de l’organisation

5 / L’engagement du manager-patron

6 / L’importance de l’envie

7 / L’exigence de bienveillance

Auteur

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Directrice Associée, consultante, Executive coach, Sociologue et conférencière. Spécialisée dans le management, le leadership et dans la...

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Sandrine Meyfret

Directrice Associée, consultante, Executive coach, Sociologue et conférencière. Spécialisée dans le...

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