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Les facteurs stressants au travail

Dans une revue des éléments qui peuvent constituer un stress, soit dans leur survenue isolée, soit par leur aspect répétitif, on pourrait distinguer artificiellement plusieurs niveaux :

Les facteurs directement liés aux servitudes de la profession exercée : la fatigue physique et son retentissement en dehors du travail ; les risques liés à la nature du travail ; les trajets quotidiens difficiles ; les horaires contraignants ; le rythme de travail, etc. Le boulanger prend son travail très tôt dans la nuit, le cuisinier travaille aussi les week-ends et les jours de fête, le routier doit circuler par n'importe quel temps, de jour comme de nuit, assurer une livraison à l'heure voulue, et peut ne rentrer en famille qu'un ou deux jours par semaine, le transporteur de fonds risque sa vie, le banlieusard doit faire face aux bouchons quotidiens de la rentrée dans la capitale, etc.
Les facteurs liés aux contraintes de la fonction et des objectifs en jeu : la réussite d'un projet ou d'un contrat conditionne parfois beaucoup de choses, et la responsabilité portée est source de tension ; d'autant qu'un timing très serré accompagne souvent les grands enjeux. La pression constante des opportunités et des risques, et leur évolution au quotidien, peut finir par occuper tout le champ de conscience, de jour comme de nuit. La simple quantité des choses à penser en un temps contraint peut même être source de stress.
Les facteurs dépendants des relations humaines, que ce soit dans la réalité du travail ou dans les conditions imposées à la personne pour exercer ce travail. Ces sources de stress sont plus généralement d'origine conflictuelle : ambiance de l'équipe, acceptation ou rejet, brimades, travail dans la solitude, possibilités d'expression personnelle, rapports avec les supérieurs hiérarchiques, rapports avec ses subordonnés, etc. Nous laisserons à chacun le soin de trouver là des exemples? !
Les facteurs qui viennent de "Moi" ; ils se présentent sous forme de fantasmes auxquels je suis d'ailleurs le plus souvent habitué parce qu'ils se répètent sous la même forme, liés à une réalité que je crée de toutes pièces : peur de ne pas être à l'heure, de ne pas bien faire, de n'être pas "à la hauteur", d'être mal aimé, non respecté, souci du moindre bobo (est-ce un cancer ?!), appréhension d'une rencontre, de ce qui est nouveau et donc inconnu, etc.

Cette distinction entre trois séries de facteurs est quelque peu artificielle car ils sont, dans la réalité, tous enchevêtrés les uns aux autres. Les servitudes du travail peuvent être mal supportées, par exemple, parce qu'il existe une ambiance conflictuelle ; de même que des difficultés relationnelles authentiques peuvent se compliquer de fantasmes personnels aggravants, surtout s'ils surviennent alors que l'enjeu professionnel est important.

Mais il faut aussi tenir compte des réactions que "je" peux avoir à l'éprouvé des facteurs précédents, car, encore une fois, il n'est pas deux personnes qui puissent réagir de manière identique à un événement, à une situation. Personne ne peut dire comment il se comporterait s'il était pris en otage, dans une grande catastrophe, un attentat, ou s'il réchappait d'un accident avec de lourdes séquelles.

Il n'y a donc pas à notre sens de gestion du stress qui pourrait s'appliquer universellement, de manière univoque, telle une recette, comme tel antibiotique est efficace dans telle maladie.

Nous en verrons quelques exemples.

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Rédacteur en chef de RH info

Titulaire d’un CAPES de Philosophie et Maître en...

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Patrick Bouvard

Rédacteur en chef de RH info Titulaire d’un CAPES de Philosophie et Maître en Sorbonne, il enseigne...

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Par Patrick Bouvard, le 11/10/2018