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La dématérialisation - Remarques générales

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Nous commençons à en prendre conscience : la dématérialisation, reposant sur une évolution technologique, constitue une véritable révolution culturelle.
Pendant des millénaires, le support de tout «document» – nous allons revenir sur ce terme – a été matériel : murs, tables de granit ou de marbre, bois, parchemins, etc.. L’invention de l’imprimerie par Gutenberg, en 1450, a généralisé un mode de support plus simple, jusqu’au papier imprimé moderne. Mais ses inconvénients sont aujourd’hui nombreux, surtout avec une augmentation exponentielle des documents de tous ordres : c’est un support encombrant, lourd, non écologique, dégradable ; sa circulation est en outre onéreuse tant en terme de transports qu’en terme d’emplois induits pour le traiter : il se prête en effet assez mal à une manipulation automatisée et à une grande rapidité d’accès ; enfin, son stockage impose une centralisation physique imposant des conditions logistiques lourdes. Les formes microphotographiques ont en partie amélioré la question du volume et du stockage, mais leur manipulation et leur accès restent encore assez lourdes.

En fait, la dématérialisation est une notion qui apparaît comme contraire, dans le système de représentation humain, aux règles des phénomènes physiques qui régissent l’environnement de l’écriture – au sens le plus large du terme, incluant toute image reproduite sur un support – depuis l’aube de l’humanité. La dématérialisation est une véritable «abstraction», c'est-à-dire une opération qui sépare, qui isole, pour le traiter indépendamment, un élément d’une réalité documentaire qui ne se présente pas séparement dans la restitution physique finale du document : il s’agit bien, au bout de la chaîne, d’un document « réel », même si son traitement a intégré une phase «virtuelle».

La notion de «document» comprend donc ici tout objet traité : commandes, factures, déclarations administratives, bulletins de paye, titres et actions, lettres, notes, mais aussi image, élément audiovisuel, etc. Il est certain que l’intérêt respectif de ces documents et de leur valeur légale va entraîner des coûts de traitement (recueil, production, enregistrement, restitution, conservation…) qui peuvent varier de façon très conséquente.

Ce qui est également original et inédit dans l’histoire, c’est la quasi ubiquité d’un document, que sa réalité physique empêchait jusque là. Voilà sans doute une réalité qui aurait paru comme strictement inconcevable à nos ancêtres ! Le rapport à une réalité tangible, associé éventuellement à une notion d’appartenance concrète, de propriété, est une tendance spontanée de la psychologie humaine. On peut le voir pour chacun de nous : confier nos documents personnels (photos, documents privés, etc…) à une banque de données en ligne crée déjà de la réticence pour la plupart des gens : on aime avoir les choses qui nous appartiennent «sous la main». La conception d’un lieu virtuel extérieur pour stocker, protéger et conserver ses propres documents n’est ni spontané, ni naturel.
Finalement, c’est tout le rapport de l’accès au savoir et à la mémoire qui se trouve profondément modifié par la dématérialisation.

Il nous faudra en comprendre les conséquences, et éventuellement les précautions d’usage qui en découlent.

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