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Alternance et tripartisme

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Pour un dialogue tripartite dans la formation en alternance !

Pourquoi s’orienter vers une formation en alternance ? Cette question a déjà été développée maintes fois et presque l’ensemble des étudiants ont déjà lu ou entendu des arguments sur le sujet, à défaut d’intégrer réellement une telle formation. Les avantages énumérés sont évidemment multiples pour tout le monde. Qu’il s’agisse d’un contrat d’apprentissage ou d’un contrat de professionnalisation, l’étudiant peut développer ses compétences en combinant théorie et pratique tout en étant rémunéré, alors même que le coût de sa formation est pris en charge par l’entreprise (ou par les Organismes Paritaires Collecteurs Agréés plus précisément). La formation permet de se former de manière plus concrète par rapport à la réalité du monde du travail, avec l’espoir de décrocher un emploi plus rapidement après la fin des études. Les gouvernements successifs essaient également de vanter les avantages de l’alternance auprès des employeurs et proposent par exemple des réductions de charges (1). Les entreprises qui investissent dans la formation en alternance s’assurent d’une bonne transmission des compétences en désignant un tuteur pour l’étudiant : elle peut surtout tester les qualités de ce dernier et ainsi réduire le coût lié à l’incertitude en cas d’une éventuelle embauche au final.

Toutefois, il peut être tentant d’aller au-delà du « Pourquoi » et de s’intéresser au « Comment ». Comment faire en sorte que l’alternance se passe bien pour tout le monde ? Quels sont les principes essentiels à respecter pour l’alternant et l’entreprise ? Lors de ma dernière chronique, j’avais évoqué le point essentiel de la responsabilisation de l’alternant. Mais la formation en alternance représente en réalité un jeu à trois, où étudiant, entreprise et école doivent impérativement s’entendre.

La nécessité d'une cohérence et d'une cohésion

Cela commence tout d’abord avec une cohésion entre les savoirs théoriques et les compétences pratiques pour l’étudiant. Dit autrement, il est nécessaire qu’il y ait une harmonie entre ce que l’école enseigne et les tâches qu’effectuent l’alternant en entreprise. Ce prérequis, qui sonne sûrement comme une évidence pour certains, est loin d’être réellement appliqué partout dans la réalité.
Afin de répondre à ce besoin d’unité, il est primordial qu’il y ait une cohérence d’ensemble dans le rythme de la formation en alternance. En connaissance de cause, je peux dire qu’il n’est pas toujours facile de s’adapter à un nouveau rythme qui oblige à concilier travail scolaire et investissement dans son entreprise. « Dès le début de l’année, il faut prendre le rythme », précise Irina-Gaëlle Ramiarason, en alternance depuis septembre 2014 chez ADP. « Mais en cours, il ne faut pas oublier complètement le boulot, et quand on est au travail, on doit se tenir au courant de ce qu’il se passe à l'école et des futures échéances, comme le travail à rendre la semaine d’après ». Une entente entre les parties est nécessaire pour faciliter l’adaptation de l’alternant.

L’accord tripartite entre l’école, l’entreprise et l’alternant doit être extrêmement clair et transparent avant même le début de la formation. Encore une fois, s’il paraît évident que le rythme école-entreprise est régulier pour tous les alternants (par exemple 1 semaine-2 semaines, 3 jours-2 jours), une absence inhabituellement longue dans un lieu peut entrainer de vraies perturbations. Sophie Galoo, directrice de la communication et de l’écosystème d’ADP, a embauché trois alternants à la rentrée 2014. Elle raconte : « J’ai parfois l’impression que l’école est très désinvestie des missions qu’ils ont en entreprise. Cela crée pour les jeunes que j’ai accueillis dans mon équipe un équilibre parfois difficile à trouver » (2).

Une question de communication au préalable

Irina-Gaëlle Ramiarason explique  sa vision vis-à-vis de ce fameux équilibre qu'il faut trouver : « Le rythme 2 semaines en entreprise et 1 semaine à l’école n’a pas été respecté tout au long de l’année. Personnellement, ça ne m’a pas trop affectée : j’avais déjà fait de l’alternance auparavant, et au final tout est une question d’organisation ». Ce n’est malheureusement pas toujours facile pour tout le monde, et la déstabilisation peut être importante, surtout pour quelqu’un qui découvre l’alternance.
Un rythme irrégulier est un problème de base de la formation en alternance. Si le but est de faire en sorte que l’alternant soit le plus performant possible en entreprise et qu’il obtienne de bons résultats (ou dirons-nous « suffisants ») au sein de sa formation, il faut que l’accord tripartite définisse ce que doit faire l’étudiant en entreprise et ce qu’il doit faire à l’école, notamment au niveau de la quantité de travail attribuée. Cela nécessite un indispensable intéressement de l’employeur à la formation de l’alternant, de même qu’une implication pédagogique par rapport au travail effectué en entreprise.

Au final, il s’agit peut-être seulement d’une question de communication : il est nécessaire qu’il y ait plus de rencontres, d’échanges et de discussions entre les parties concernées pour se mettre d’accord AU PRÉALABLE sur les implications globales de la formation en alternance. Chacun doit prendre en compte les attentes de l’autre pour mieux y répondre, afin d’arriver (à nouveau !) dans une situation où les trois parties sont gagnantes ! 


(1) "Il n'y a que des avantages à embaucher en alternance"
(2) "L'alternance, une formation pour l'emploi!"

Auteur

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Chargé des Relations Presse et de la communication digitale chez ADP France.

Diplômé de Sciences-Po Lyon, Charlie...

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Charlie Rességuier

Chargé des Relations Presse et de la communication digitale chez ADP France. Diplômé de Sciences-Po...

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