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RH au bout du monde (6)

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Au Brésil - Houda Salihi Cherkaoui, Chef de Projet et Delivery Manager – NGA Human Resources (cabinet de conseil en systèmes d’information) 


Après des études et un début de carrière en France, Houda a eu l’opportunité d’effectuer une mission au Brésil pour le compte d’un de ses clients. Elle revient avec nous sur cette expérience au bout du monde, relativement courte, mais très marquante, tant d’un point de vue professionnel qu’humain.


Dans quelles circonstances avez-vous été amenée à travailler avec le Brésil ?

Je travaillais étroitement avec un client, Exxonmobil, depuis deux ans en France, lorsque le groupe a décidé de délocaliser la gestion de ses bases de données SAP. L’idée était de s’appuyer dorénavant sur deux pôles, l’un au Brésil, l’autre en Thaïlande, de façon à assurer une couverture 24h/24 des besoins du Groupe. Le cabinet pour lequel je travaille a été mandaté pour accompagner ExxonMobil dans ce changement d’organisation et certains consultants se sont rendus sur place. 

Comment avez-vous eu l’opportunité d’effectuer une mission sur place ?

J’avais bâti une relation de confiance avec le Chef de projet ExxonMobil : il a donc naturellement pensé à moi parmi les personnes chargées d’assurer le transfert de compétence au Brésil.  La mission initiale était d’une durée de 3 mois, mais elle s’est prolongée pour presqu’un an par accord mutuel, ExxonMobil souhaitant sécuriser au maximum la montée en compétences des équipes locales, tandis que je souhaitais m’enrichir le plus possible de cette expérience.

Quelles ont été vos premières impressions ?

Au démarrage, nous avons été frappés par l’ambiance de travail beaucoup plus chaleureuse et détendue que celle que nous connaissions à Paris. Le rapport au temps était également très différent et nous nous interrogions sur la manière dont les équipes locales, composées essentiellement de jeunes recrues, allaient faire face à la gestion des urgences et des données confidentielles qui étaient placées sous leur responsabilité. Nous avons organisé des sessions d’information pour les sensibiliser à cette responsabilité et la réponse a immédiatement été très positive : tout en conservant un climat de travail très agréable, les équipes ont démontré une vraie volonté de s’adapter aux contraintes de l’entreprise et une grande rigueur dans la réalisation de leurs tâches.

Quels étaient les profils des membres de l’équipe brésilienne ?

Il s’agissait essentiellement de jeunes diplômés : des ingénieurs pour les aspects les plus techniques des bases de données, des personnes issues des filières Economie et « Business Administration » pour les autres domaines, mais pas de personnes issues d’une filière spécifiquement Ressources Humaines. Ils parlaient un anglais parfait : il est très courant pour les étudiants brésiliens d’effectuer une année à l’étranger, souvent aux Etats-Unis.

Comment avez-vous été perçue en tant qu’étrangère au Brésil ?

Les brésiliens ont une vision très positive de la France, associée à la cuisine, la mode… Ils redoutent le stéréotype du français hautain, difficile à aborder, mais comme ils font souvent les premiers pas, on passe rapidement le cap de l’appréhension. En tant que franco-marocaine, j’ai constaté qu’ils étaient également très intéressés à découvrir la culture du Maroc.

Que retenez-vous de cette expérience ?

Un vrai enrichissement tant du point de vue professionnel que personnel. J’ai participé à la construction d’un pôle de compétence en étant associée au recrutement des équipes locales, aux actions de cohésion d’équipe et de formation. Des années après, l’équipe reste stable, toute en permettant à certains de progresser dans leur carrière, ce qui prouve que notre approche a été la bonne. 
Du point de vue humain, j’ai énormément apprécié la culture brésilienne que je découvrais, la chaleur humaine et un rapport au travail moins formel tout en restant très professionnel.

Si c’était à refaire… ?

J’avais une certaine appréhension par rapport à la sécurité, compte tenu de tout ce qu’on entend sur le Brésil. Pourtant, il suffit de prendre quelques précautions pour que cela se passe bien : éviter certains quartiers, ne pas s’exposer inutilement en tant que touriste avec un appareil photo ou un téléphone dernier cri. Je projette de retourner au Brésil au moins pour voyager. C’est pays formidable où je serais probablement restée plus longtemps, mais il faut que cela s’inscrive dans un projet de vie personnelle aussi, et pour moi, le retour en France s’imposait à ce moment-là. 

 

Voici la fin de la série d'interviews consacrées aux RH au bout du monde. Vous pouvez retrouver les autres expériences ici:

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