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Pourquoi est-ce que je travaille ?

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Pourquoi je travaille ? Sisyphe ! Sors de ce corps !

Aujourd’hui, lorsque nous sommes cadres au sein d’une grande entreprise, arrive-t-on encore à comprendre la finalité de notre travail ? Posons nous la question ! Je travaille pour quoi ? D’abord, je travaille pour gagner un salaire. Et oui ! Il me faut gagner de l’argent pour vivre. On voit ici que l’argent est à la fois la cause et l’effet du travail. C’est la justification quantitative du travail. Il y en a une autre, beaucoup plus qualitative. En effet, dans certain cas je travaille aussi parce que cela m’intéresse et me procure un certain plaisir. Là, je discerne deux types d’intérêts dans un job :

-       Le premier intérêt est local. Ce travail, c’est mon occupation journalière. Il faut se poser les questions : Est ce que les tâches que j’accomplis tous les jours me plaisent ? Est ce que je trouve du plaisir à faire ce que je fais ? On parle ici d’un plaisir direct que l’on ressent pendant l’action.

-       Le deuxième est global. Quelles que soient les taches que j’effectue tous les jours, plaisantes ou non, est ce que le but à atteindre est intéressant ? Cela pourrait peut être s’appeler un projet d’entreprise ?

Prenons des exemples pour bien comprendre :

-       Le métier d’enseignant.

o   Intérêt local : le plaisir d’enseigner (si si ça existe !), d’ouvrir des esprits, de faire découvrir,…

o   Intérêt global : participer à la renommée d’un établissement, participer au développement de la nation…

-       Le métier d’ingénieur :

o   Intérêt local : appliquer son savoir-faire pour développer un nouveau produit ou service, travailler en équipe, aider les plus jeunes,…

o   Intérêt global : participer au développement et à la promotions de nouvelles technologies, moins chères, plus propres, durables…

Où est le sens ?

J’ai l’impression qu’aujourd’hui la plupart de nos grands groupes n’ont depuis longtemps plus aucun projet d’entreprise à part faire plaisir à leurs actionnaires. Quelle « histoire » va donc raconter l’entreprise à ses employés ? Quel est le cri de ralliement derrière lequel nous allons tous foncer ? Quel intérêt global va bien pouvoir nous fédérer…

C’est sur, il existe encore des entreprises avec un but « rassembleur » qui va faire à coup sûr la fierté de ses employés. Je pense aux sociétés qui développent des nouvelles technologies plus propres ou des médicaments qui vont sauver des vies…Oui, quelques compagnies ont un apport direct avec l’écologie ou la préservation des ressources. Mais qu’en est-il de toutes les autres, les boites de base, souvent ancestrales qui fabriquent des biens de consommation usuels, de l’énergie, des matières premières comme l’acier, les plastiques, des voitures, des appareillages électriques ou même des services…Ces sociétés là pouvaient à la rigueur à la rigueur avoir un but d’entreprise avouable au début du XXème siècle, lorsque les pays développés étaient encore dans un modèle de production. La demande, les besoins de base était largement plus importants que la production. Il fallait produire toutes ces commodités pour pallier aux besoins de nos concitoyens. Evidemment que ces sociétés étaient là pour faire de l’argent, mais on pouvait les aimer parce qu’elle nous apportaient plus de confort, plus de bien être…On pouvait être fier de son entreprise. Aujourd’hui toutes ces compagnies n’ont plus d’histoire à raconter. Elles ne sont plus indispensables. Si elles disparaissent elles sont immédiatement remplacées par un concurrent. Pour survivre il faut vendre plus, inonder le marché. Elles ont développé l’obsolescence programmée. Que peuvent elles bien raconter à leurs employés ? Des banalités, de la poudre aux yeux…Oui ! Des consultants vont sûrement trouver de beaux slogans. Alors on communique sur beaucoup d’indicateurs : produits recyclables, économies d’énergie, management des déchets, égalité homme/femme…Mais ça ne suffit plus pour que les employés se sentent investis de la mission de l’entreprise. Personne n’est dupe. Plus personne dans ces sociétés là ne travaille pour l’entreprise elle même. Donc il est clair que beaucoup d’entre nous, employés, avons perdu cet intérêt global du travail.

Que nous reste-t-il ?

         Que nous reste t’il ? Certains d’entre nous travaillons pour des groupes de plus en plus gros, avec des logiques de développement et d’acquisition qui souvent nous échappent. La logique financière n’est pas toujours apte à raconter une histoire fédératrice ou même crédible aux employés.  Seul l’intérêt local va nous pousser à ne pas venir à reculons au bureau le matin, à ne pas nous transformer en Sisyphe poussant sa boule sans but et recommençant sans cesse. Si nos entreprises n’arrivent plus à nous entrainer dans leurs aventures, en donnant un but fédérateur a nos efforts, alors l’intérêt local doit être maintenant privilégié. Les conditions de travail, la reconnaissance, l’autonomie vont être plus que jamais nécessaires pour nous motiver. Il faut que nos entreprises investissent dans un « middle management » plus impliqué, qui doit donner les moyens à ses collaborateurs de s’épanouir tous les jours.

A nous de jouer !

         A nous de jouer aussi! N’attendons pas tout de nos grands chefs ! L’intérêt local pour nous et nos collaborateurs viendra sûrement de nos impulsions. Nous avons tous le pouvoir de rendre nos jobs plus intéressants. A vos marques…Prêt…Partez !

Auteur

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Docteur Ingénieur de l’Université de Technologie de Compiègne (UTC) en 1993.

Entré chez Schneider Electric en 1993, il a d’abord été en...

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Frédéric Dumas

Docteur Ingénieur de l’Université de Technologie de Compiègne (UTC) en 1993. Entré chez Schneider...

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Par Frédéric Dumas, le 25/08/2016