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50 ans de management des organisations (3)

NDLR : A l’occasion de la sortie de son livre Nota bene, 50 ans de management des organisations (Ed. d’Organisation), Luc Boyer nous autorisé à reproduire ici quelques extraits du premier chapitre de son texte passionnant, intitulé « les leçons de l’histoire ».

L’organisation et le management au Moyen Âge

On peut considérer que la notion d’Etat est absente pendant la période allant du Vè au Xè siècle. L’ordre romain étant détruit, un nouvel ordre parvint à s’établir en cinq siècles : l’un spirituel, la foi chrétienne, l’autre temporel, la féodalité fondée sur la puissance de l’homme de guerre. Le système mis en place consacrait l’importance des relations humaines.

L’exploitation du sol - le modèle domanial - a marqué toute la première partie du Moyen Âge. Il semble être le résultat de problèmes d’exploitation posés au maître par un esclavage en déroute et des possessions dispersées. On observera plusieurs solutions, notamment en Gaule du Nord. Stabilisé, le système durera quatre siècles. L’idée, assez répandue, d’anarchie féodale est sans doute fort exagérée. L’autorité, dans ces espèces de principautés, était d’autant plus réelle et efficace qu’elle correspondait aux structures sociales, techniques et mentales de l’époque. Bien qu’on puisse se représenter cette période comme un ensemble d’entités socio-économiques produisant, avant tout, les denrées nécessaires à leurs propres besoins, le féodalisme n’a pas empêché les échanges commerciaux. L’époque en a connu de très importants.

Dès le XIIè siècle, l’Europe Occidentale était parvenue au stade de la consommation indirecte et ce, pour deux raisons :

  • d’une part, grâce à l’amélioration des conditions de production agricole et à l’extension des zones cultivées qui créaient des surplus en nature qui, pour être rentables, devaient être vendus ;
  • d’autre part, du fait du développement concomitant des villes qui abritaient les artisans prêts à acheter ces denrées.

Une nouvelle classe de marchands se formait ainsi ayant principalement deux origines. Ce pouvait être des agents du seigneur (ou ses paysans) qui représentaient ses intérêts ou qui s’installaient à leur propre compte et les agents des commerçants spécialisés. Au fur et à mesure que les villes grandissaient, elles offraient aux paysans une possibilité nouvelle d’emploi, même précaire, tout en contribuant à une modification importante des rapports au sein des domaines seigneuriaux : les villes, fortes de leur importance et de leur nouveau rôle économique, eurent vite assez de puissance pour se doter d’une organisation particulière : les communes ou les franchises.

L’organisation comme  les rapports entre les différentes parties prenantes du régime féodal ont, paradoxalement, des résonances très modernes, à une époque où des formes très variées de maillage, d’artisanat plus ou moins intégré à l’entreprise se développent.

Auteur

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Directeur de Recherche à l’Université de Paris Dauphine

Luc Boyer est Docteur d’Etat es Sciences de...

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Luc Boyer

Directeur de Recherche à l’Université de Paris Dauphine Luc Boyer est Docteur d’Etat es Sciences de...

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