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50 ans de management des organisations (1)

NDLR : A l’occasion de la sortie de son livre Nota bene, 50 ans de management des organisations (Ed. d’Organisation), Luc Boyer nous autorisé à reproduire ici quelques extraits du premier chapitre de son texte passionnant, intitulé « les leçons de l’histoire.
Comme il l’écrit lui-même : « L’analyse historique des méthodes d’organisation et de management permet de prendre conscience du fait que les rapports d’autorité et la forme des structures mises en place diffèrent selon le contexte plus ou moins complexe dans lequel ils s’établissent. Toutes choses égales par ailleurs, ce contexte permet souvent d’expliquer pourquoi et comment les différents systèmes ont pu résister ou ont échoué. »

Nous présenterons ainsi une succession de 7 articles :
1. L’antiquité
2. Les modèles romains et grecs
3. L’organisation et le management au Moyen Âge
4. L’organisation et le management à la période moderne (évolution générale)
5. L’organisation et le management à la période moderne (le modèle vénitien) 
6. L’organisation et le management à la période moderne (le modèle français)
7. Les leçons de l’histoire en matière d’organisation

 

L’antiquité

Pendant la longue période de l’Antiquité, l’agriculture resta prédominante : si l’industrie existe, elle est limitée à trois produits principaux : les outils, les vêtements et la poterie. Il n’existe aucune force motrice hors celle de l’homme employée en abondance et à bas prix. Les mines et les grands chantiers relèvent d’entreprises d’Etat

En Egypte, l’influence des crues du Nil a favorisé très tôt l’émergence d’une organisation et d’une réglementation pointilleuse permettant la gestion des terres cultivables et l’allocation de l’eau nécessaire. L’un des traits fondamentaux de cette civilisation était l’absolutisme étatique : le pharaon (et son administration) était le fondement du système, avec une légitimité à la fois religieuse, politique et économique.

L’administration gérait le territoire et les gouverneurs des nômes (les districts), fonctionnaires à la fois judiciaires et administratifs, défendaient les intérêts du pouvoir central. Depuis l’époque la plus ancienne, l’administration a toujours été fortement centralisée et hiérarchisée.

Ce schéma sera bouleversé, pendant le Nouvel Empire qui remplacera les gouverneurs et la vieille noblesse fut remplacée par un corps de fonctionnaires royaux. Une importante armée royale sera mise sur pied et son développement sera à l’origine d’une ingérence de plus en plus vive dans les affaires de l’Etat. Le clergé suivra la même évolution.

Une des toutes premières écoles d’administration pour les fonctionnaires sera créée avec, comme programme, l’apprentissage de l’écriture, des principes et des lois régissant la nation. Tout fonctionnaire devait avoir été élève de cette école dans laquelle il apprenait notamment, qu’en Egypte, tout devait être justifié par un écrit pour avoir une valeur légale ou officielle.

L’ensemble des moyens de production était la propriété de l’Etat : si la propriété individuelle n’était pas inconnue, la terre était au pharaon. A certaines époques, le roi était, de plus, propriétaire de tous les métiers. Chacune des administrations possédait ses propres artisans et ses propres ouvriers, répartis en équipes à la tête desquelles se trouvait un chef. Ce principe de forte hiérarchisation se traduisait par la production périodique d’inventaires, de cadastres, de déclarations et de recensements mettant en évidence une gestion financière élaborée (comme on peut en juger en lisant les tablettes funéraires retrouvées). Il en allait de même de la gestion des terres du clergé.

L’Egypte antique a eu un rôle majeur dans l’élaboration de la pensée managériale dans la mesure où elle a illustré, pour la première fois (dès 3000 ans avant J.-C.), la trilogie « planification/organisation/contrôle) dans une définition de fonction qui a fait la preuve de son efficacité dans les grands travaux.

On a pu observer, par ailleurs, que, deux mille ans avant J.-C., le roi Hammourabi faisait mention de la notion de salaire minimum. Le concept de responsabilité/culpabilité était la règle - ainsi, par exemple, on coupait la main du chirurgien maladroit -. Sous le règne de Nabuchodonosor, on utilisait des techniques de contrôle de la production en échange de salaires variables et stimulants.

Auteur

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Directeur de Recherche à l’Université de Paris Dauphine

Luc Boyer est Docteur d’Etat es Sciences de...

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Luc Boyer

Directeur de Recherche à l’Université de Paris Dauphine Luc Boyer est Docteur d’Etat es Sciences de...

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