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Révolution numérique : quid de l'évaluation ?

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La révolution numérique a bouleversée la formation, quid de l’évaluation ?

Les compétences demandées dans le monde du travail sont de plus en plus complexes. Cependant leur évaluation est restée classique, souvent à base de questionnaires à choix multiples. N’y a-t-il pas anachronisme ? Comment le numérique peut-il améliorer cela ?


Parlez aujourd’hui de formation avec un professionnel et les mots qui lui viendront à la bouche seront ‘E-Learning’, ‘MOOC’, ‘Classe inversée’, …. Parlez avec ce même professionnel d’évaluation et il vous répondra probablement ‘QCM’.

Comment se fait-il que dans un monde où les connaissances et les méthodes d’apprentissage évoluent rapidement les modes d’évaluation n’aient pas changé d’un iota ?

L’évaluation permet moins d’expérimentation

L’évaluation est par définition un domaine qui nécessite une certaine stabilitée. En tant qu’évalués nous souhaitons être traités de manière impartiale et pouvoir nous comparer aux autres. En tant que recruteur nous souhaitons pouvoir positionner des candidats sur une échelle stable dans le temps.

Il est donc risqué de faire évoluer les méthodes d’évaluation. A fortiori si l’on fait évoluer les méthodes d’apprentissage il est important de conserver une évaluation stable afin de mesurer l’efficacité de ces méthodes d’apprentissage !

Mais doit-on se contenter d’une évaluation partielle, uniquement car elle est historique ?

Les systèmes d’évaluation en place depuis des décennies fournissent des résultats constants facilement comparables. Mais sont-ils pour autant pertinent ? En effet ces moyens d’évaluation sont construits autour des outils qui étaient disponibles il y a 30 ans. Le questionnaire à choix multiples faisait sens dans un contexte non informatisé, où le papier était le support par défaut et les opérations d’évaluation réalisées sur place. Son absence d’interactivité, la longueur des examens qu’il engendre étaient des contraintes acceptées car nécessaires.

L’exemple des langues étrangères

Les langues étrangères sont un exemple particulièrement pertinent d’un format de test conçu pour être analysable et non pour être représentatif des compétences.

L’objectif d’un test de langue étrangère est de savoir si une personne peut communiquer dans une langue.

Le test de langue étrangère classique vérifie si, à la lecture d’un texte ou à l’écoute d’un enregistrement, le candidat arrive à retrouver la bonne information ou le mot manquant parmi une liste pré-définie. Cette situation est totalement différente d’une conversation en langue étrangère où la personne devra produire elle-même une phrase, un argumentaire pour présenter une idée. Elle réussira son action si son interlocuteur a compris son idée.

La personne est donc évaluée sur sa capacité à comprendre parmi une liste fermée de mots alors que sa compétence consiste à s’avoir s’exprimer sur des sujets ouverts.

Le numérique à la rescousse

Ne peut-on pas faire mieux et dans ce cas précis évaluer réellement la capacité de la personne à converser ?

Jusqu’à ces dernières années évaluer la capacité à s’exprimer revenait à organiser un rendez-vous avec un professeur. Cette contrainte logistique, complexe et coûteuse, limitait énormément sa démocratisation. Mais les apports du numérique permettent de lever cette barrière.

Il est maintenant possible d’utiliser les compétences d’experts habitant dans le pays de la langue évaluée en quelques clics. Vous pouvez utiliser les compétences d’un professeur de Japonais habitant Tokyo afin d’évaluer votre candidat, et ce sans que vous ayez vous-même à être présent. Vous obtenez alors une évaluation beaucoup plus précise, tout en économisant un effort logistique.

Cette approche est extensible à une grande partie des compétences. Le numérique permet d’ouvrir les compétences à évaluer.

Puisque le test n’a plus à être passé dans une salle sur papier mais peut l’être individuellement sur ordinateur nous pouvons aller bien plus loin que simplement transposer des QCM au format électronique. Les tests peuvent devenir des mises en situations, vérifier des comportements et des réactions plutôt que des connaissances binaires. L’évaluation n’est plus un sujet puisqu’elle peut être distribuée à autant d’experts que possibles qui sont totalement déchargés de contraintes logistiques.

Faire mieux est une nécessité

En plus d’être possible, faire mieux devient nécessaire. De nos jours l’évolution de la relation candidat/recruteur impose aux entreprises de développer leur marque employeur, de proposer une expérience intéressante pour le candidat. Un recruteur qui imposerait un test écrit de 2h perdrait certainement les meilleurs candidats.

L’évaluation est nécessaire à la formation

Au vu des efforts entrepris aujourd’hui autour de la formation, il paraît important d’inclure dans cette réflexion un sujet sur l’évaluation. Une bonne mesure des compétences permettra de mieux orienter les apprenants. Comment vérifier qu’une formation a été efficace sans une évaluation pertinente et objective ?

Le numérique nous donne accès à une intelligence collective large et disponible à toute heure. Plutôt que d’utiliser la technologie à des seules fins d’automatisation de processus pensés à l’époque du papier, il est de prendre du recul pour  repenser intégralement certains modes de fonctionnement. Dans le cas de l’évaluation il serait dommage de ne pas profiter du numérique et d’évaluer les apprenants d’aujourd’hui de la même manière qu’il y a 50 ans.

Auteur

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Fondateur de Pipplet

Pipplet est une startup spécialisée dans l'évaluation des compétences en langues étrangères. 

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Baptiste Derongs

Fondateur de Pipplet Pipplet est une startup spécialisée dans l'évaluation des compétences en...

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