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La motivation, quels ressorts ?

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La question de la motivation et de l’engagement se pose aujourd’hui de manière croissante dans l’entreprise. Il faut dire que les contextes ancestraux qui permettaient à une personne de trouver une raison stable pour s’impliquer dans son travail semblent aujourd’hui en grande partie révolus. Comment trouver encore des ressorts de motivation ? Autrement dit : qu’est-ce qui peut pousser un individu à « donner » ? La motivation vient en effet poser la question du « pourquoi » de notre implication personnelle.

La réponse contractuelle par avantages financiers ou en nature, outre qu’elle ne s’adresse pas à tout le monde, ne résout qu’une partie du problème : elle fait entrer dans une logique de donnant-donnant matériel qui peut augmenter la « contribution » de quelqu’un, pas nécessairement sa « motivation ». Il y a une différence importante entre les deux : la contribution incite à faire plus pour avoir plus, individuellement ; la motivation incite à faire mieux pour être mieux, dans le développement d’un bien commun : c’est pourquoi seule la motivation porte avec elle un ferment durable de créativité et d’innovation.

Une piste possible consiste à reporter la valeur de l’argent sur le travail, et du travail sur l’homme. Exprimons-le trivialement : selon que je sens qu’on a besoin de mon « chiffre », qu’on a besoin de mon « travail », ou qu’on a besoin de « moi », mon comportement varie du tout au tout et ma motivation avec. Or la tension financière permanente qui règne désormais dans les entreprises a tendance à amalgamer toutes choses autour du seul chiffre : cela fait vivre les sociétés, pas les hommes. C’est le grand dilemme de notre époque ; la vie est inséparable de l’action ; et se sentir sujet – et non objet – dans son travail, dans son équipe, est un facteur déterminant de motivation, dans le service que nous avons à « rendre »…

Être nommé, appelable, appelé, reconnu comme l’égal de tout autre, même si ses responsabilités sont différentes, donne au sujet personnel le sentiment de son existence, de compter pour autrui, d’être quelqu’un pour l’autre, un interlocuteur valable. Le travail reprend alors un ressort qu’il est en passe de perdre : il peut faire « vivre » quelqu’un. Quelqu’un qui se sent dès lors appelé à donner de lui-même, justement parce que ça le fait vivre !

Sans doute la réalité des marchés renvoie-elle ce propos au rang d’une douce utopie. Certes ! A moins qu’on ne regarde les choses dans la logique même du marché : la démotivation finit par avoir un coût énorme, même s’il est difficilement mesurable (l’IBET indique un coût moyen de 11000 € par an par salarié désengagé). La fidélisation, pour la majorité des études menées sur le sujet, n’est pas d’abord un problème de surenchère financière ; elle est un problème de motivation. Il serait temps d’y songer.

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Chargé de communication chez ADP

Amauryc achève un Master 2 Marketing et Technologies de l’Information et de la Communication à l’...

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Amauryc Clisson

Chargé de communication chez ADP Amauryc achève un Master 2 Marketing et Technologies de l’...

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