
En ce début d'année, nonobstant tous les cassandres qui nous prédisent le pire, j'ai décidé d'être optimiste, de voir la bouteille coté plein, de penser que les entreprises vont se développer et… que les DRH n'y sont pas étrangères.
Il est assez naturel, dans notre modèle, que les entreprises cherchent à être toujours plus efficaces ; mais c'est encore plus vrai quand l'économie stagne ou croit faiblement et qu'une compétitivité accrue devient par conséquent de plus en plus cruciale. En effet, quand les opportunités de business diminuent, les exigences – en termes de qualité et de prix – augmentent. La performance est de rigueur, c'est le cas de le dire, sur le plan opérationnel et commercial, mais aussi dans les fonctions « supports » dont la DRH fait partie.
A tout seigneur, tout honneur : ce n'est pas d'aujourd'hui que la fonction RH accompagne cette recherche de performance ! Cela fait plus de dix ans qu'elle se transforme en se spécialisant et en se diversifiant. Ses domaines d'intervention se sont significativement élargis et cette transformation peut s'analyser au travers des missions, de l'organisation et des métiers de la DRH. Qu'on en juge :
Une définition plus rigoureuse des missions
Une évolution conséquente de l'organisation
L'organisation de la DRH tend, pour répondre à l'évolution de ses missions, à adopter un modèle déjà présent dans les grandes entreprises :
Une adaptation forte des métiers
Les métiers de la DRH s'adaptent aux exigences de nouvelles organisations, pour assurer les missions :
Il est clair que ces évolutions poursuivent aujourd'hui un double objectif : d'une part réduire les coûts de production des services de la fonction en industrialisant les activités administratives (concentration des acteurs, spécialisation des activités et développement de l'expertise) ; d'autre part contribuer à la création de valeur en optimisant le pilotage des managers, l'engagement des salariés et le développement de leurs compétences, la responsabilité sociale et la souplesse de l'organisation de l'entreprise.
Chaque entreprise se doit d'avoir désormais une organisation plus agile, plus apte à s'adapter et à proposer des innovations qui pérennisent son activité et offrent des perspectives d'avenir à ses collaborateurs. C'est en cela que la fonction et la direction des ressources humaines renforce sa légitimité.
Breton22/02/2012 - 00:17
Quid de la relation RH vers les administrés?
Thomas CHARDIN23/02/2012 - 19:41
Excellent article ! Merci Philippe.
En définitive, cet article ne se limite pas aux missions et rôles pour 2012 qui auraient sans nul doute été plus prosaïques (cf. le billet « DRH : quels sont vos vrais défis pour 2012 ? » cf ow.ly/99Q9u). Les perspectives dessinées vont bien au-delà et définissent me semble-t-il le cadre d’une performance RH renouvelée. Cette dernière se déclinant en deux axes : la performance de la fonction elle-même (à évaluer avec des critères économiques et qualitatifs) et la performance de la politique RH (à évaluer avec un critère de valeur ajoutée au business).
Dans la première partie, une des missions me paraît manquer. Si on prend la matrice proposée par Dave Ulrich, la fonction RH doit assurer un rôle équilibré entre 4 missions :
- « Business Partner » en traduisant la stratégie business,
- « Change agent » en accompagnant la transformation de l’organisation,
- « Adminitrative Expert » en garantissant les tâches quasi-régaliennes de la fonction,
- « Employee Champion » en garantissant au corps social, managers de proximité compris, le sens de ces évolutions. Ecoute, motivation et engagement en sont les principales actions.
Cela fait 16 ans que ces concepts existent… Et plus de 20 ans que Charles-Henri Besseyre des Horts publiait « Vers une gestion stratégique des ressources humaines » ! L’eau a coulé sous les ponts, et où en est-on ?... A remette au goût du jour ces recommandations organisationnelles...
Donc une question, qui n’enlève rien à la pertinence de l’article : pourquoi en est-on là aujourd’hui ?