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Les inclassables > Société
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C’est quand le bonheur ?
30.01.2012
Tudoret Patrick

« Le bonheur est une idée neuve en Europe... », clama un jour Saint-Just à la tribune de la Convention. Qu'une des premières évocations du concept « moderne » de bonheur – nos amis Grecs avaient déjà tout compris, mais le trouvaient plutôt dans la tranquillité de l'âme (apatheia) ou l'absence de troubles (ataraxia) – émanât d'un des principaux artisans de la Terreur peut laisser songeur... Une autre figure emblématique de la Révolution aurait, d'ailleurs, pu répondre (mais elle avait déjà perdu la tête) : « Bonheur ! Que de crimes on commet en ton nom... » On le sait bien, faire le « bonheur » des peuples malgré eux a été le but le plus commun des pires idéologies et les « lendemains qui chantent » ont fait beaucoup plus de dégâts encore que l'ouragan Irène. Mais sur le charnier encore fumant des doctrines, la déesse Economie s'est muée en gorgone hégémonique et nos dirigeants cherchent désormais à évaluer le bonheur, à en faire un indicateur de mesure et de satisfaction. Et de nouvelles questions de surgir dans le vacarme de la mondialisation heureuse : le bonheur est-il soluble dans le néolibéralisme ? Est-il une denrée mesurable, comme les stock-options ou les noix de cajou ? Depuis des décennies, bien des études ont éclos sur ces thématiques aléatoires. Certains économistes des années 50 ont, ainsi, cru pouvoir corréler directement le sentiment de bien-être et le niveau de revenus. Un constat brisé net, au milieu des années, 70 par le paradoxe d'Easterlin. Selon l'économiste américain éponyme, il n'y aurait aucune relation mesurable entre le niveau de développement économique d'une société et le sentiment de bien-être de ceux qui la constituent. L'argent n'augmenterait donc plus le bonheur au-delà du seuil où les besoins fondamentaux sont satisfaits. Bonne nouvelle pour les poètes impécunieux et les moines du Mont Athos, mauvaise pour nos sociétés panrationalistes, éprises de consommation et de croissance... Certaines contrées, comme le Bhoutan, ont déjà porté sur les fonts baptismaux le Bonheur National Brut, vision plus apaisée du monde et de son destin. Ne devrait-on pas, alors, privilégier cet indicateur alternatif par rapport au tyrannique Produit Intérieur Brut, idole encore vénérée sous nos latitudes ? C'est ce qu'ont pensé certains à la suite de Daniel Kahneman, prix Nobel d'économie en 2002. Pourtant, les jeux sont loin d'être faits et de récentes études montrent que si l'argent contribue bien au bonheur, il est dans l'incapacité absolue de le garantir. La corrélation existerait donc bien entre bonheur et niveau de PIB, de même que des gens heureux contribueraient à créer plus de richesse, comme le soutiennent les tenants de la psychologie positive. Mais alors revient l'antique question de la poule et de l'œuf : qui du bonheur où de la richesse préexiste à l'autre ou plutôt crée l'autre ? Une chose est sûre : là où est le lien social est aussi le bonheur, ou du moins ce que l'on entend par ce vocable flou. C'est ainsi que, selon des études récentes, des pays à « dimension humaine » comme le Danemark, la Suisse, l'Autriche, l'Islande (enfin, avant sa déconfiture financière et l'éruption du volcan Eyjafjöll...) remportent la palme des contrées où il fait bon vivre, tandis que la France n'apparaît qu'en 39ème position... Il est vrai que nous sommes les champions toutes catégories de la consommation d'anxiolytiques et du grognement stérile, symptômes qui aurait quand même dû nous alerter. Enfin, comme se le demande Cali – puissant poète postmoderne, icône labellisée des riverains de Boboland – dans une célèbre rengaine : « Je suis tendu, c'est aujourd'hui que je viens vous offrir ma vie/Peut-être oserais-je parler à quelqu'un d'autre qu'à mes pieds (sic) /C'est quand le bonheur ? »

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Somda Alexis07/02/2012 - 22:21

Plus tard, il serait trop tard comme l'a déjà dit un célébrissime ; aussi, en est-il du bonheur. Soit, c'est ici, un apport juste, révélateur.

Moralotop09/02/2012 - 09:26

Le bonheur n'est ni heiir ni demain mais maintenant.
Car il est un état d'esprit

Anonyme02/03/2012 - 13:06

Merci, je le mis aussitôt !