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Conditions de travail > Travail & santé
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Il y a pire que le stress au travail
20.01.2012
Pertinant Guillaume

Sur le quai dit des milliardaires à Antibes, de nombreux marins s'affairent pour bichonner des bateaux qui pour la plupart ne s'abiment pas trop dans de longues croisières en mer. Pourquoi alors s'éreinter à la tâche ?

Je voudrais proposer l'hypothèse que si les marins s'activent ainsi c'est parce que les capitaines ont compris qu'il fallait mieux les occuper que de les laisser inactifs. Car l'ennui et le désœuvrement rongent. Et quand l'anxiété lié à l'incertitude s'ajoute au tableau, la pathologie n'est pas loin comme l'a résumé en son temps l'ancien ministre du travail X. Darcos "il y a pire que le stress au travail, il y a le stress au chômage".

Car si le travail, en raison des désordres causés par les révolutions simultanées de l'économie, de la sociologie et de la technologie, cause effectivement du stress chez un nombre croissant de salariés, il est bon de ne pas oublier ce qu'il peut apporter à une population plus grande encore.

Ainsi le désavantage important des chômeurs ou des salariés "placardisés" en terme de santé perçue et de morbidité nous rappelle ce que le travail représente en terme de sécurité, d'estime de soi, d'identité (notamment sociale) et d'épanouissement / recherche de sens.

Le fait que le travail soit désormais trop souvent un lieu de souffrance ne doit pas nous faire oublier qu'il est aussi et surtout un des outils permettant à l'Homme de se développer et se réaliser.

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sweetsmoke16/01/2012 - 09:28

Il faut etre sacrement barge ou derangé pour penser que l'on puisse se réaliser au travail non ?
A moins que nourrir des machines soit gratifiant.

IP24/01/2012 - 08:22

Quel périmètre accorder à ce mot ? Il y a de grandes différences entre le travail pour autrui et le travail pour soi. Et l'environnement de travail (conditions physiques et collègues), tout comme le contenu, contribue à la satisfaction.
Et il ne faut pas oublier le travail domestique (contraint parfois) et le travail bénévole.
Voir l'enquête de radio France dont les conclusions sont dévoilées actuellement.

Damien Malène25/01/2012 - 16:18

Je suis fondamentalement d'accord avec cet article, notamment avec sa conclusion. Il faudrait être "barge", selon le terme employé par quelqu’un, ou ne pas avoir suffisamment les pieds sur terre pour la contester.
La majorité recherche dans le travail une source de revenus et, directement ou indirectement, la satisfaction de valeurs du haut de leur hiérarchie de valeurs. Ils cherchent à répondre au mieux dans leur vie à la nécessité (ce qui les nourrit matériellement, eux et ceux qui dépendent d’eux) et à leur "passion" (ce qui les nourrit affectivement, intellectuellement, socialement, spirituellement, etc.).
Certains satisfont les valeurs liées à leur "passion" ailleurs et à d'autres moments que dans le lieu et aux heures où ils travaillent pour gagner leur vie.
Beaucoup valorisent le temps "après les heures" et méprisent leur travail alimentaire. Ce ne semble pas être satisfaisant, ni pour eux ni pour leur environnement. Ils peuvent toujours faire le choix de changer d'activité, s'ils en ont la possibilité.
D'autres marient dans leur travail nécessité et "passion". Ce qui ne les empêche pas de se "passionner" pour d'autres choses "après les heures".
On pourrait trouver d'autres modalités d'articulation entre ces deux thèmes dans le cadre du travail et plus généralement dans celui de la vie de la personne. (Suite ci-après…)

Damien Malène25/01/2012 - 16:19

(…Suite) Certaines combinaisons sont pathogènes de par les contraintes, les conflits internes et les remises en cause qu’elles entraînent chez la personne (voir les suicides de ces derniers temps chez France Télécom, et ailleurs…)
Tenir compte aussi que le terme « travail », dans le contexte de cet article recouvre l’activité exercée mais aussi environnement matériel, humain, hiérarchique, managérial, image, sécurité, etc. Toutes ces dimensions, prises individuellement répondent assez, peu ou pas du tout aux critères de la personne.
Si l’on se considère comme « une entreprise », c'est-à-dire comme « un sujet entrepreneur de sa vie » on peut consacrer un temps de réflexion à l’« Entreprise de Soi », temps de bilan utile pour s’éclairer autant sur les exigences de sa « nécessité » que sur celles de sa « passion ».

Michel WIBAULT07/02/2012 - 20:12

Tres bien. Le stress au chômage est sans doute un mal p,us grand. Mais peut on m'expliquer en quoi cette peur de la peur du chômage justifierait tous les abus et les absences d'un système du travail, qui dans de trop nombreuses entreprises à faire perdre toute reconnaissance de la valeur du travail et à conduit aux maux que vous évoquez ? N'est on pas malgré tout arrivé à une période passionnante et difficile ou il va nous falloir réinventer notre relation au travail, réapprendre ou apprendre enfin à manager les hommes... Sinon, si je pousse un peu votre article, je serais tenter d'y lire, oh surtout ne changez rien, ne contestez pas, ne pleurez pas sur vos ulcères et maux de dos ( souvent bien réels, voir les travaux de Sarno aux USA), parce que le chômage c'est pire !