
Dans la course aux arguments pour développer un nouveau type de réseau social c'est bien sur le fameux ROI que l'on tente de mettre l'accent. Pour cela on met en avant des indicateurs plus ou moins convaincants de retour sur investissement issus, d'idées, d'amélioration des process ou autres traduction pécuniaire de l'apport des réseaux sociaux au business.
Je n'ai jamais été à l'aise avec ce miroir aux alouettes et c'est pourquoi j'ai parlé du ROSL, Return on social link ou en bon français en quoi les réseaux sociaux peuvent permettent de retrouver du lien social1.
J'ai trouvé dans les travaux de Victor Waknine une résonance à mes propres réflexions et avancées vers un raisonnement qui placerait l'intérêt du déploiement d'un réseau social au niveau de la performance sociale qu'il permet.
Pour que ce message soit plus qu'un doux chant humaniste, il faut des indicateurs qui permettent de mesurer l'accroissement de la performante sociale d'une entreprise avec l'aide des réseaux sociaux, d'une organisation et d'un management optimisé. Ce trépied indispensable pour que le tout fonctionne en synergie et non de manière antagoniste comme trop souvent quand on place l'outil dans une dimension « magique »
Il est frappant de constater comment les réseaux sociaux peuvent répondre aux 6 dimensions du bien-être au travail de l'IBET, Indice de bien-être au travail.
L'utilité sociale
L'Autonomie
Les occasions d'Apprentissage et de Développement personnel
La Rectitude morale
La Qualité des relations
La Reconnaissance
L'autonomie, la qualité des relations, la reconnaissance, les occasions d'apprentissage et de développement personnel mais on pourrait aussi voir que l'utilité sociale ainsi que la reconnaissance sont aussi au cœur des RSE.
Il est ainsi possible avec l'IBET de mesurer avant le lancement du réseau social votre performance sociale sur ces 6 indicateurs et de manière plus fine sur 22 autres facteurs qui pourraient être adaptés, complétés pour répondre aux différentes dimensions d'un réseau social d'entreprise et s'adapter aux objectifs de chaque entreprise.
Votre ROSL sera alors la différence entre le niveau de ces indicateurs au lancement et celui qu'ils atteindront 6 mois, 1 an, 2 ans plus tard.
Cette approche permettrait de mesurer d'une manière objective et non pas seulement sur un sentiment global si la mise en place des différents axes que l'on résume souvent sous le terme d'entreprise 2.0 sont des facteurs de réussite discriminants pour la réussite, voire la survie d'une entreprise ou un complexe exercice de communication. De cette réponse dépendra l e montant des investissements que vous désirez y consacrer.
Le bien-être au travail permet l'accomplissement des salariés au travail et leur engagement pour servir au mieux les clients internes et externes que ce soit dans la production de services ou de produits.
Un salarié engagé c'est à la fois un ambassadeur pour votre marque mais c'est aussi un facteur de productivité insoupçonné.
Le réseau social d'entreprise ne doit pour cela pas être utilisé comme une nouvelle déclinaison du lean management mais comme une alimentation en oxygène nécessaire à l'épanouissement et la réalisation de chacun.
Avez-vous déjà vu un écosystème durable sans oxygène ?
V.B :Conseiller en utilisation des médias sociaux pour les RH
VW : Cette question du ROI de tout projet présenté à une DG/DAF m'amène quand à moi à 2 remarques de fond :
L'impact de tel ou tel investissement c'est comme la performance collective d'une équipe de football ou de rugby, elle ne correspond pas à la performance individuelle de chaque joueur. Tous les dirigeants mégalos du sport qui ont choisi cette logique de « silos » sont discrédités depuis longtemps. Car seul le résultat compte, entendons nous , le résultat global.
Et pour cela seul l'EBIT (Earnings Before Interest and Taxes) suffit au niveau global pour les financiers, il intègre le cumul des investissements et de leur rentabilité sur les 5 processus clés ( Conception, Production, Vente, Gestion, RH), pas besoin de couper les cheveux en 4.
En quoi la RSE 2.0 est elle encore plus singulière notamment vu sous l'angle du Bien Etre au Travail (suivant la définition de Victor Waknine) ?
A mon sens c'est la seule bonne nouvelle pour répondre à la demande d'Engagement et de Motivation des organisations.
En effet celles ci ont épuisé toutes les possibilités d'optimisation par les coûts avec leurs mercenaires de « cost killers », elles sont devenues « anorexiques » et « étouffées », il n'y a plus aucune marge de manœuvre.
2 autres plaies se sont abattues sur elles, les éditeurs de logiciels de CRM, ERP, Lean et autres merveilles de la chasse aux gaspis humains et les grands cabinets en organisation et management qui comme vous le savez on fait merveille ces 20 dernières années au vu de l'état moral de nos salariés.
Le risque avec les RSE 2.0 c'est encore d'essayer de les présenter comme « outils »
Alors cette demande d'engagement et de motivation est elle légitime ? Oui si il y a CONTREPARTIE !
La contrepartie exprimée par les parties prenantes internes est simple, « montrez moi que je me sens bien dans mon travail et de plus mesurez le (l'IBET) puisque vous mesurez tout avec votre EBIT », en quelque sorte : si l'EBIT c'est bien, avec l'IBET c'est mieux ! Car si vous espérez qu'avec votre menace de la peur du déclassement je vais m'engager davantage sans contrepartie sur le Bien Etre au Travail, vous vous égarez Monsieur.
Et ce Bien Etre au Travail j'aimerais bien pouvoir en parler avec vous, avec mes collègues , mes collaborateurs, car il interroge le SENS, oui un mot qui veut dire des fois autre chose que la performance, bien qu'il en est le préalable.
Les RSE 2.0 sont une opportunité pour recréer le sens qui est nécessaire au travail celui qui va libérer la performance par l'engagement et la motivation. Avec leur déploiement on pourra créer ce que je nomme un « Espace Temps Cognitif » d'autres appellent cela de l'Intelligence collective, pourquoi pas.
En conclusion…
Notre objectif est d'aider les Directions ayant la volonté de ré-aligner leur stratégie de Performance Globale avec la Coopération, le Bien Etre et la Qualité de Vie au Travail, seuls leviers possibles pour installer la Confiance nécessaire à la demande de Performance à réfléchir sur ces nouveaux moteurs de croissance.
Le retour en performance social des RSE peut-être mesuré tous les ans dans votre rapport social par l'IBET qui indique que le Bien Etre au Travail est déployé dans l'organisation.
En terme de message fort interne et externe (marque employeur), l'IBET sera au même niveau que l'EBIT, nous passerons alors d'une logique de "voeux pieux" et "chartes molles" à une logique d'engagement par le Réseau Social que l'on anime et par la mesure que l'on affiche.
En résumé nous devenons tous responsables de nos actes et de nos engagements pour le progrès socio-économique dans des organisations ou la performance devient une CONVENTION et non plus une INJONCTION paradoxale.
1http://www.conseilwebsocial.com/index.php/2010/roi-ou-r-o-s-l-pour-remettre-l%E2%80%99humain-au-coeur-des-entreprise%E2%80%A6/
Bruno Brochenin09/01/2012 - 15:05
Cher Frédéric, cher Victor,
faisant profession d'installer des ERP, je ne puis rester sans réagir à votre interpellation ! L'outil n'est en rien responsable de l'usage qu'en fait celui qui le manie. Avec le marteau qui lui servit à sculter son "David", Michel-Ange aurait également pu trucider son voisin : d'autres l'on fait ...
L'ERP emblématique du genre, SAP, est une transcription de l'idéal de consensus cogestionnaire allemand d'après-guerre : il invite les parties prenantes à dialoguer pour partager au plus près du quotidien vocabulaire et bonnes pratiques.
Ceux qui tenteront de mettre en place un tel outil sans le niveau de dialogue requis risquent effectivement de souffrir !
Bruno Brochenin13/01/2012 - 11:47
Toutes mes excuses à Vincent que j'avais rebaptisé tout à l'encontre de mon bon gré.
Bien cordialement,
Bruno
Estelle M. Morin27/01/2012 - 18:50
Bonjour! Je trouve intéressant cet article. Je m'étonne toutefois de la similitude avec mes publications sur le sens du travail. Je serais ravie d'échanger sur ce sujet avec les auteurs.
Bien à vous,
Estelle
victor waknine27/01/2012 - 19:14
@Estelle, pas bien compris votre étonnement de la similitude, merci de préciser ou bien de faire un petit tour sur mes sites, blogs, chroniques, tweets, CV, et 3000 ans de culture humaniste
Si vous êtes Estelle Morin du Québec je cite vos travaux en téléchargement sur mon site pro (depuis 2009) ainsi que le IRSST dans mes docs quand je parle du bien être au Travail, sauf que j'y ai mis une roue de la rectitude à la reconnaissance, appellation contrôlée svp, que je vous offre.
Je ne connais pas beaucoup de gens qui en font autant , en tout cas pas avec mes vampires assidus
Sinon vous voulez parlez de quoi?
Vous avez peut être l'exclusivité
Vincent Berthelot27/01/2012 - 19:59
Je ne veux retenir que votre proposition à échanger et croyez bien pour ma part que je découvre vos écrits avec ce commentaire sur lequel la rédaction m'a alerté.
Je pense que nous ne créons rien mais transformons parfois ou présentons différemment et si je devais honorer ceux qui m'ont précédé dans ma pensée je le ferai envers Epictète :-)
Ll'IBET et le ROSL sont des idées que nous avons développé respectivement Victor et moi-même en nous nourrissant de nos expériences et lectures mais nous sommes transparents et ce que vous insinuez n'est guère plaisant.
J'ajouterai que sur un tel thème cela frôle l'absurde d'avoir ce type de discussion.
Frédéric BASCUNANA05/02/2012 - 14:43
chers amis,
j'aurais aimé n'être pas sous l'eau comme à mon habitude pour mieux répondre ) cet article mais je tenais au moins à vous féliciter non seulement pour la pertinence de vos concepts respectifs, mais aussi pour le mariage cohérent, et l'approche collaborative autour du ROSL et de l'IBET : belle démarche collaborative dont j'ai l'humble satisfaction d'avoir été le lien anecdotique grâce à un autre média social. C'est dire la portée universelle des médias sociaux pour créer susciter la rencontre des expertises.
C'est dire aussi à quel point ce serait pertinent de réussir cette approche en interne.
Pour finir j'aurais adoré m'associer à vos réflexions par l'angle de l'enrichissement de la démarche par l'intermédiation éditoriale et le "Social Rich Learning" dont à mon sens aucune entreprise ne pourra faire l'économie si elle tient à ce que le stimulant intellectuel du réseau social soit décuplé. CQFD avec la rencontre Vincent-Victor dans le contexte des plateaux HRchannel.com.
Bref, bravo aussi à RHinfo pour pousser ces réflexions frappées au coin de la créativité RH2.0 !