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Le rationnel et l'empirique (2/3)
18.11.2003
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Le rationnel et l'empirique (2/3)
Par RH info - Novembre 2002

Nous avons vu dans l'article précédant que la mise en œuvre d'un processus de décision complexe rend nécessaire une décomposition des fins générales en objectifs intermédiaires progressifs, assurant la continuité du dit processus. La façon de concevoir cette décomposition permet aussi au décideur d'indexer la représentation imaginaire initiale sur l'actualisation réelle, résultant de l'exécution en cours de la décision.

Nous pouvons comparer le déroulé décisionnel à la marche à pied : c'est l'enchaînement et la coordination des pas successifs effectués par le marcheur, qui font de la marche une action continue. Chaque pas peut être conçu comme ponctuel et isolé, mais il ne saurait le rester, dès lors qu'il s'agit de se rendre à un point plus éloigné. Il faut alors adapter ses pas au type de marche envisagé.

Il y a là cependant un paradoxe qu'il est important de bien mesurer. C'est, en effet, en fonction de la destination qu'il s'est fixée que le marcheur entame son action : c'est le dernier pas à faire qui fait le premier et chacun des suivant. Mais les contraintes qu'il rencontre au cours de sa marche concrète l'obligent à infléchir et rectifier constamment la direction de chacun de ses pas, jusqu'au dernier : si bien que c'est aussi le premier pas et chacun de ceux qui lui a succédé qui font le dernier. Il en est de même dans le processus de décision complexe : la fin est première et commande au présent, mais le présent effectué commande peu à peu au futur et à la fin poursuivie. Pour le dire autrement encore, la fin générale de tout le processus est première dans l'intention, mais elle est dernière dans l'exécution.

Par ailleurs, chaque niveau de décision exécuté réduit le champs initial des possibles et la complexité globale de la première délibération. Plus on avance dans l'exécution, plus l'amplitude de la réflexion théorique diminue et plus la contrainte pratique augmente. Sachant que la marge de manœuvre du décideur décroît à chaque niveau d'exécution mis en œuvre, il est possible et utile de classer les niveaux de décision par ordre décroissant de complexité, et non uniquement par linéarité d'exécution, afin de toujours conserver une marge de manœuvre maximale à chaque niveau. Chacune des décisions intermédiaires réoriente, en effet, l'action et l'exécution des suivantes; il s'agit donc de maintenir, à chaque niveau d'exécution, une latitude d'initiative et de manœuvre significative.

La décomposition de la fin générale en objets particuliers permet ainsi d'identifier, trier et classer des étapes décisionnelles permettant de contrôler le processus. Ce contrôle repose non seulement sur une capacité d'analyse des écarts entre le prévu et le réalisé, mais encore sur l'opportunité prévue et ménagée d'infléchir la trajectoire du processus en question. La manière de cibler le moment et le contenu de ces opportunités peut être déterminant pour le succès de la démarche d'ensemble.

Nous verrons la prochaine fois qu'il est possible d'établir un check-list de points clés, dont la succession et la complémentarité assure une qualité minimale à la prise de décision.



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